Napoléon, le premier depuis les grands politiques de Rome, a su que l’or
est le signe de la force et l’outil de la puissance. Reste l’homme
capable de les conquérir et de les manier. Le fer est le manche et le
levier de l’or; mais l’or est la pointe du fer, qui perce tout. Le fer
disperse l’or, et l’or dissout le fer.
Aussi, Napoléon ne peut souffrir qu’on prévarique. Le moindre vol fait à
l’État, il le punit comme une trahison. Le code est terrible contre les
faux monnayeurs: n’est-ce pas le dernier mot de la raison, et son pouce
baissé dans le cirque?
Derrière l’homme de guerre, on ne perd pas de vue l’arbitre des valeurs.
En Napoléon, c’est le même homme. Par où il ne faudrait pas entendre que
l’homme de la bourse est l’homme de la guerre. L’un des deux contient
l’autre; mais le conquérant est le grand homme, non pas vos porchers de
Chicago. Que les serfs de l’opinion, aujourd’hui, n’aient pas le front
de comparer à Austerlitz et à Léna un coup sur le suif et les cochons.
Quand Napoléon règne, Ouvrard est forcé de servir.