PREMIER RÉVEIL DE BLONDINE--BEAU-MINON

Blondine dormit toute la nuit; aucune bête féroce ne vint troubler son

sommeil; le froid ne se fit pas sentir; elle se réveilla le lendemain

assez tard; elle se frotta les yeux, très surprise de se voir entourée

d'arbres, au lieu de se trouver dans sa chambre et dans son lit. Elle

appela sa bonne; un miaulement doux lui répondit; étonnée et presque

effrayée, elle regarda à terre et vit à ses pieds un magnifique chat

blanc qui la regardait avec douceur et qui miaulait.

«Ah! Beau-Minon, que tu es joli! s'écria Blondine en passant la main

sur ses beaux poils, blancs comme la neige. Je suis bien contente de te

voir, Beau-Minon, car tu me mèneras à ta maison. Mais j'ai bien faim, et

je n'aurais pas la force de marcher avant d'avoir mangé.»

A peine eut-elle achevé ces paroles, que Beau-Minon miaula encore et

lui montra avec sa petite patte un paquet posé près d'elle et qui était

enveloppé dans un linge fin et blanc. Elle ouvrit le paquet et y trouva

des tartines du beurre; elle mordit dans une des tartines, la trouva

délicieuse, et en donna quelques morceaux à Beau-Minon, qui eut l'air de

les croquer avec délices.

Quand elle et Beau-Minon eurent bien mangé, Blondine se pencha vers lui,

le caressa et lui dit:

«Merci, mon Beau-Minon, du déjeuner que tu m'as apporté. Maintenant,

peux-tu me ramener à mon père, qui doit se désoler de mon absence?»

Beau-Minon secoua la tête en faisant un miaulement plaintif.

«Ah! tu me comprends, Beau-Minon, dit Blondine. Alors, aie pitié de moi

et mène-moi dans une maison quelconque, pour que je ne périsse pas de

faim, de froid et de terreur dans cette affreuse forêt.»

Beau-Minon la regarda, fit avec sa tête blanche un petit signe qui

voulait dire qu'il comprenait, se leva, fit plusieurs pas et se retourna

pour voir si Blondine le suivait.

«Me voici, Beau-Minon, dit Blondine, je te suis. Mats comment

pourrons-nous passer dans ces buissons si touffus? je ne vois pas de

chemin.»

Beau-Minon, pour toute réponse, s'élança dans les buissons, qui

s'ouvrirent d'eux-mêmes pour laisser passer Beau-Minon et Blondine,

et qui se refermaient quand ils étaient passés. Blondine marcha ainsi

pendant une heure; à mesure qu'elle avançait, la forêt devenait plus

claire, l'herbe était plus fine, les fleurs croissaient en abondance; on

voyait de jolis oiseaux qui chantaient, des écureuils qui grimpaient le

long des branches. Blondine, qui ne doutait pas qu'elle allait sortir

de la forêt et qu'elle reverrait, son père, était enchantée de tout ce

qu'elle voyait; elle se serait volontiers arrêtée pour cueillir des

fleurs: mais Beau-Minon trottait toujours en avant, et miaulait

tristement quand Blondine faisait mine de s'arrêter.

Au bout d'une heure, Blondine aperçut un magnifique château. Beau-Minon

la conduisit jusqu'à la grille dorée. Blondine ne savait pas comment

faire pour y entrer; il n'y avait pas de sonnette, et la grille était

fermée. Beau-Minon avait disparu; Blondine était seule.

V

Nouveaux contes de fées pour les petits enfants · 第 8 / 104 题