Le dîner blanc des Sant’Anna défraya pendant huit jours toutes les
conversations, soit dans le monde blanc, soit dans le monde noir. A
Rome, ces petites manifestations politiques produisent généralement dans
les deux camps une recrudescence d’antagonisme et d’animosité; tout
s’apaise à la surface, mais il reste au fond des cœurs un peu plus de
haine et de rancune. Comme Lelo l’avait prévu, ce dîner lui attira un
essaim d’ennuis. Il eut à subir les commentaires des chroniqueurs, les
félicitations des uns, le blâme des autres, et, par-dessus le marché,
les reproches de sa mère et de son oncle le cardinal. Il n’en faut pas
tant pour exaspérer ce sensitif qu’est l’Italien. En vrai mari, il ne
manqua pas de faire supporter à sa femme la mauvaise humeur que tout
cela lui causait. Il rentra souvent à la maison les yeux noirs de
colère, les nerfs tendus, et se mit plus d’une fois «en boule». Dora,
consciente de ses torts, se montra d’une patience admirable, usa de sa
fameuse huile de sagesse, et sut retenir ces mots vifs qui lui venaient
si facilement aux lèvres.
Un soir, avant le dîner, elle alla trouver Lelo dans son cabinet de
toilette pour le consulter sur quelque arrangement. Comme il ne
répondait pas à sa question, elle lui reprocha doucement son manque
d’amabilité.
--Amabilité!... Demandez donc à cette pelote d’être aimable! dit-il, en
fichant rageusement son épingle de cravate dans le coussinet de satin
placé près de la glace.--Depuis huit jours, grâce à vous, je suis comme
elle: on m’enfonce des pointes de tous les côtés.
La comparaison fit rire la jeune femme:
--Eh bien, dit-elle gaiement, ce n’est pas généreux de me rendre les
piqûres que vous recevez. J’ai agi avec légèreté. Je ne m’étais pas
rendu compte des conséquences de mon initiative. Je vous en ai exprimé
mes regrets, que puis-je faire de plus?
--Me laisser tranquille, répondit brutalement Sant’Anna.
--C’est bien.
Sur ces mots lancés d’un ton de colère, la comtesse quittait la chambre
en faisant claquer la porte derrière elle.
Cet éclat d’humeur fut l’orage qui éclaircit le ciel.
Lelo sentit qu’à son tour il s’était mis dans son tort. Il redevint
aimable comme par enchantement et réussit sans trop de peine à se faire
pardonner. L’Italien est particulièrement habile et irrésistible dans le
repentir. Il a une façon de s’accuser, de se charger, qui vous désarme
et semble rendre tout reproche inutile. Aussi se tire-t-il toujours
d’affaire à bon compte.
Dora se félicitait de ce que les conséquences de son coup d’État
n’eussent pas été pires. Elle comptait sans ce caractère romain façonné
par des siècles de tyrannie théocratique, caractère qui, dans le parti
noir, est resté singulièrement vindicatif et implacable.
Un matin, comme elle achevait son petit déjeuner, on lui remit une
lettre d’apparence élégante, d’un papier pelure fortement bleuté,
portant le timbre de la ville. L’écriture de l’adresse lui était
inconnue et lui parut singulière. Elle ouvrit l’enveloppe avec une
certaine curiosité, parcourut rapidement les quelques lignes... Le sang
afflua aussitôt à son visage, puis se retira au cœur, laissant ses
lèvres blanches et sèches. Elle relut: «Si vous tenez à savoir où votre
mari va chaque jour avant le dîner, faites une petite visite, entre six
heures et demie et sept heures et demie, dans certaine villa de la Place
de l’Indépendance, vous serez édifiée. On revient toujours à ses
premières amours.» Pas de signature! Une écriture habilement
contrefaite, des lettres d’un centimètre de haut, pressées les unes
contre les autres et tracées comme par le va-et-vient d’un insecte.
Le billet anonyme était en italien. Depuis son mariage, la jeune femme
n’avait cessé d’étudier cette langue; elle comprenait parfaitement;
chacun des mots cruels pénétrait jusqu’à son cœur et y faisait éclater
une douleur intolérable.
«La princesse Marina!...» Son nom lui sauta tout de suite à l’esprit!
Elle habitait une villa dans le quartier du Macao, sorte d’Aventin où
bon nombre de grandes dames en rupture de mariage se sont retirées, pour
attendre la loi du divorce. Lelo avait été autrefois un de ses
admirateurs; la marquise Verga et Hélène l’avaient dit à Dora. Le mot
«admirateur» a, en général, pour l’Américaine, un sens élastique; il ne
précise rien: Dora n’avait jamais imaginé, pas même depuis qu’elle était
mariée, que Donna Vittoria eût pu être, à un moment lointain, la
maîtresse de son mari. Elle la croyait trop bien élevée pour cela... Si
elle avait eu le soupçon de la vérité, elle n’aurait jamais souffert que
la princesse passât le seuil de sa porte. Les deux femmes se
rencontraient chaque jour, car elles tournaient dans le même cercle.
Elles se faisaient des visites, s’invitaient réciproquement à de grands
dîners, à des soirées de gala, mais leurs relations avaient gardé un ton
cérémonieux et froid. Elles se critiquaient volontiers avec une égale
malice.
«On revient toujours à ses premières amours.» Ces paroles impliquaient
évidemment que Lelo avait aimé la princesse et qu’il l’aimait encore: à
cette idée, il y eut derrière le front de la jeune Américaine un
tourbillon de pensées violentes, une succession d’images qui jetèrent
des éclairs dans ses yeux et donnèrent une incroyable dureté à sa
physionomie. Trompée, elle! Ah! si elle en avait la preuve, comme elle
divorcerait vite!... Elle s’avisa que le divorce n’existait pas en
Italie. Eh bien! elle demanderait sa séparation, emmènerait son fils,
irait vivre aux Indes, en Chine, n’importe où, et jamais elle ne
reverrait Lelo. Elle eut un petit éclat de rire faux et nerveux. Ah!
elle n’était pas de celles qui pardonnent, non. Dieu merci!
Plus la femme est simple, et plus elle ressent l’infidélité de l’homme.
C’est ce qui rend l’Américaine si intransigeante, si implacable en cette
matière. L’Européenne pardonne souvent, parce qu’elle connaît mieux la
vie, la nature humaine, et surtout parce qu’il reste chez elle moins de
matérialité primitive. Elle pardonne sans oublier, d’ailleurs.
L’infidélité, la trahison est pour la femme ce que la gelée blanche est
pour la plante; ses effets sont les mêmes et aussi irrémédiables.
Si Dora n’était pas de celles qui pardonnent, elle était en revanche de
celles qui peuvent raisonner avec quelque lucidité. Lorsqu’elle eut
recouvré un peu de calme, elle se mit à chercher des indices dans la
manière d’être de son mari. Elle n’en vit d’abord aucun qui pût
l’alarmer, au contraire. Il était certainement très empressé auprès de
la princesse Marina, pas plus pourtant que le marquis Verga ou tel ou
tel autre. C’était sûrement la grande dame influente que l’on
courtisait, et non la femme... La femme! mais elle avait au moins
quarante-cinq ans! cinquante peut-être! Elle se teignait les cheveux, se
retouchait les sourcils et les lèvres! Et Lelo aimerait ce vieux
tableau! Allons, c’était impossible!
Un vieux tableau!... Le fin profil de Donna Vittoria, sa taille souple,
sa démarche onduleuse, la manière inimitable dont elle se servait de son
face-à-main d’écaille blonde se retracèrent instantanément dans le
cerveau de Dora, et les coins de sa bouche se contractèrent.
Bizarrement, une impression qu’elle avait eue, quelques jours
auparavant, se raviva aussi. Donna Vittoria était arrivée très en retard
à un grand dîner. Une autre eût été confuse, eût bredouillé des excuses
bêtes ou maladroites, elle avait dit simplement: «_Scusate mi tanto,
tanto!_--Excusez-moi tant, tant!»--Et avec quelle grâce, quelle
désinvolture! Dora l’avait enviée. Oui, impossible de le nier, cette
femme possédait un charme extraordinaire. Et puis elle l’avait, cette
âme latine que Lelo croyait si supérieure! Pour le mariage, l’âme
saxonne suffit; pour l’amour, il faut peut-être l’âme latine! Cette
pensée broya le cœur de la jeune femme. Ne serait-ce point à cause de la
princesse que son mari faisait la sourde oreille quand elle lui parlait
d’accompagner madame Carroll en Amérique? Il n’avait pas dit non
positivement, mais il était évident que cela ne lui plaisait pas et il
avait plusieurs fois exprimé le désir d’aller à Ceresole, en Piémont, où
Donna Vittoria passait l’été.
Dora reprit le billet anonyme et se mit à l’examiner. Dans l’écriture
contrefaite, le format, la qualité du papier, il y avait la marque d’un
homme ou d’une femme du monde. Qui donc pouvait avoir intérêt à détruire
son bonheur?... Une vengeance, sûrement! Celui ou celle qui était
capable d’une action si vile devait être capable aussi d’une calomnie...
Le nom de sa belle-sœur lui vint à l’esprit, puis elle se dit que Donna
Pia ne trahirait pas son frère. Elle savait que son mari faisait des
visites à la princesse Marina, mais qu’il y allât tous les jours, elle
l’ignorait. Elle s’était figuré qu’il montait au club après la
promenade. Il le lui avait donné à entendre: le mensonge est si facile
aux Latins!... Lelo infidèle!... Et il était là, tout près, dormant
paisiblement. Elle avait une envie folle d’aller le secouer, le
réveiller, lui montrer cette lettre. Il lui prouverait, clair comme le
jour, qu’il était innocent, et elle ne le croirait pas. Non, il fallait
qu’elle fût convaincue par ses propres sens. Elle se rendrait chez la
princesse entre six heures et demie et sept heures et demie, comme on le
lui conseillait. Elle avait un excellent prétexte: la veille, un
domestique s’était présenté avec un certificat de la princesse. Elle
irait lui demander des renseignements supplémentaires. Elle verrait bien
l’effet que son apparition produirait. On ne la recevrait peut-être pas?
Eh bien, elle attendrait dans sa voiture, à quelque distance: si elle
voyait sortir son mari, elle saurait... elle saurait que cet infâme
billet n’avait pas menti. Et alors!... Ah! c’était trop douloureux!
Elle se leva brusquement, sonna sa femme de chambre et passa dans son
cabinet de toilette. Tout en s’habillant, en se parant, elle souffrait
d’une manière atroce. Il lui semblait qu’un nid de vipères s’était
ouvert dans son cerveau. Elle songeait tout à coup à Jack Ascott. Y
aurait-il quelque chose comme une rétribution de nos actes en ce monde,
et allait-elle être punie de son infidélité envers lui? Un remords lui
vint, à l’idée qu’elle avait pu lui infliger une peine semblable à celle
qu’elle éprouvait.
«Je ne savais pas que ce fût si cruel!» Puis, haussant les épaules, avec
cette ignorance enfantine que la plupart des femmes ont du cœur
masculin: «Les hommes ne sentent pas autant que nous!»
Au fond d’elle-même, Dora avait cependant l’impression que son mari
l’aimait, et cette impression ne laissait pas que de la rassurer. Dans
des circonstances pareilles, nous avons tous, plus ou moins, l’instinct
infaillible de ce qui est ou de ce qui n’est pas, et c’est lui seul
qu’il faudrait écouter. La comtesse se hâta fiévreusement à sa toilette;
elle avait besoin de sortir, de quitter la maison. Il fallait qu’elle
retrouvât un peu de calme avant de revoir Lelo: sans cela, elle serait
incapable de se contenir.
Elle se rendit d’abord à l’Hôtel du Quirinal, fit une assez longue
visite à sa mère et puis redescendit au Corso. A cette heure matinale,
il est fréquenté par de très jeunes gens en quête de bonnes fortunes,
par quelques vieux beaux, toujours les mêmes. Des femmes du monde, parmi
lesquelles beaucoup d’Américaines en costume tailleur, y font leur
prétendue promenade de santé. Elles y rencontrent leurs fidèles, leurs
admirateurs, échangent des poignées de main, des saluts, lancent les
premiers potins, se font accompagner par l’un ou par l’autre, et
rentrent chez elles, l’appétit bien aiguisé, la coquetterie aussi. La
comtesse fut abordée par le marquis Peretti, un des amuseurs de la haute
société. Il l’accompagna, comme il le faisait souvent. D’habitude, elle
lui donnait brillamment la réplique. Ce matin-là, le _frizzo romano_,
les saillies romaines furent perdues pour elle, et son air distrait,
préoccupé, lui valut d’impitoyables taquineries.
La promenade lui fit du bien, pourtant: elle rentra plus calme, le nez
pincé, les lèvres amincies par la tension de la volonté, résolue à ne
pas se trahir, à ne pas souffrir même, avant de savoir. Elle se rendit
tout droit dans son petit salon pour écrire un billet. Quelques minutes
plus tard, Lelo vint l’y rejoindre. Elle le dévisagea d’un regard
rapide: il lui parut presque insolent de beauté, d’insouciance et de
bonne humeur.
--_Come va, mia cara?_ (Comment va, ma chérie?) demanda-t-il avec une
intonation caressante.
--Très bien, merci! répondit la jeune femme, tout occupée en apparence à
cacheter sa lettre.
A ce moment, on annonça le déjeuner, et les époux se dirigèrent vers la
salle à manger.
--_Per Bacco!_ s’écria le comte en se mettant à table,--j’ai oublié
d’inviter quelqu’un hier au soir.
--Pour une fois, vous pourrez bien supporter un repas en tête à tête!
vous n’en mourrez pas,--fit Dora d’un ton qui affecta désagréablement
l’oreille de Lelo.
--Mais je ne crains pas le tête-à-tête! répondit-il en
souriant.--Seulement je n’aime pas à voir tant de places vides à table.
--Si j’avais su, j’aurais ramené Peretti. Je l’ai rencontré ce matin.
--Que vous a-t-il dit d’intéressant?
--Rien du tout.
--Il serait joliment étonné, s’il vous entendait. Il y avait beaucoup de
monde au Corso?
--Une demi-douzaine de jeunes idiots.
--Ah mais!... vous êtes gentille aujourd’hui!... Est-ce que le baromètre
est à l’orage?
--Pour moi, peut-être bien! répondit la comtesse avec un petit rire
mauvais.
Sant’Anna regarda sa femme avec un peu de surprise. C’était la première
fois qu’elle donnait de semblables signes d’humeur et de nervosité.
Dora, à qui il était presque impossible de feindre, s’était laissée
emporter; s’apercevant qu’elle avait éveillé la curiosité de son mari,
et craignant de s’attirer des questions, elle fit un grand effort pour
se ressaisir.
--Avez-vous vu les chevaux? demanda-t-elle de l’air le plus naturel du
monde.
--Oui, ils sont en splendide condition... Caselli a déniché, paraît-il,
une paire d’alezans merveilleux. Je dois les voir demain.
Une fois lancé sur ce sujet, Lelo oublia l’humeur de sa femme et causa
gaiement. Elle, se contenta de jeter quelques monosyllabes dans la
conversation, et pas toujours à propos. Cette angoisse particulière à la
jalousie lui serrait la gorge et l’empêchait de manger. A chaque
instant, elle rapprochait ses longs cils pour regarder son mari avec
plus d’intensité. En le voyant si jeune et si beau, elle se dit qu’il ne
pouvait pas aimer une femme de quarante-cinq ans. Elle se rappela tout à
coup, avec un plaisir infini, ce proverbe romain qui avait excité son
indignation: «A quarante ans, il faut jeter la femme à la rivière toute
habillée.--_A quarant’anni, bisogna buttar la donna al fiume con tutti
panni_...»
«Ah! ils ont bien raison, pensa-t-elle drôlement;--qu’on la jette, qu’on
la jette!»
Après le déjeuner, les époux retournèrent dans le petit salon, où l’on
servit le café.
--Lelo, maman voudrait bien savoir si nous sommes décidés, oui ou non, à
l’accompagner en Amérique,--dit Dora en observant la physionomie de son
mari.--Dans le cas où cela vous ennuierait par trop, je pourrais
toujours y aller avec elle, moi...
Sant’Anna, qui portait sa tasse de café à ses lèvres, fut tellement
surpris qu’il la reposa dans sa soucoupe.
--Comment, comment! dit-il, vous pourriez de gaieté de cœur me quitter
ainsi?... Joli amour que le vôtre! Américain, hein?
Oh! le baume, la joie que ces paroles versèrent dans le cœur de Dora.
--Rien ne vous empêche de m’accompagner.
--Non... mais cela pourrait ne pas me convenir de faire le voyage cette
année... Nous autres Italiens, nous ne nous résignerions jamais à vivre
séparés de nos femmes comme font vos compatriotes. Quoi que vous en
disiez, nous les aimons mieux.
--Et quand elles ont cessé de vous plaire, vous les trompez mieux aussi.
Le ton sarcastique dont ces mots furent prononcés fit dresser l’oreille
à Lelo.
--Naturellement! répondit-il avec bonne humeur.--Avez-vous donc une si
grande envie d’aller en Amérique?
--Oui, je crois en vérité que j’ai un peu de nostalgie. Il y a une foule
de gens et de choses que je voudrais revoir.
--Pas M. Ascott, j’espère! fit Sant’Anna avec un éclair de jalousie dans
les yeux.
--Non, non... j’ai joué un trop triste rôle dans sa vie pour avoir
jamais le désir de le rencontrer.
--Eh! qui sait! les femmes sont si perverses, si infernalement cruelles!
--Merci. Mais revenons à l’Amérique. Il me semble que nous ne pouvons
guère laisser partir maman toute seule. Du reste, elle veut que vous
voyiez Orienta, sa fameuse propriété, afin de savoir si elle doit la
vendre ou la louer.
--Alors, nous laisserons Guido avec ma mère.
--Ah! cela non, par exemple! Bébé ne me quitte pas.
--Vous ne redoutez pas pour lui un si long voyage?
--Avec sa nourrice, il pourrait faire le tour du monde.
--Peppa ne voudra jamais aller en Amérique.
--Peppa! elle allait émigrer avec toute sa smala quand nous l’avons
prise. Je me charge de la décider.
--Eh bien, nous verrons. Au fait, je ne vois pas d’empêchement sérieux,
fit Sant’Anna, comme s’il en cherchait.
--Le mal de mer, peut-être!
Ceci fut dit d’un ton moqueur, singulièrement déplaisant.
La physionomie du comte prit une expression si hautaine que Dora en fut
saisie.
--Je ne sais sur quelle herbe vous avez marché ce matin! dit-il
froidement; mais vous êtes évidemment de fort méchante humeur, et, comme
je ne veux pas me fâcher, je m’en vais. Au revoir!
--Lelo!
Sant’Anna, qui allait franchir le seuil de la porte, se retourna.
--Plaît-il?
Dans le désir d’être délivrée de son angoisse, la jeune femme allait
tout dire; mais, comme elle était très forte, elle se contint.
--Rien, rien! répondit-elle vivement.