Table des matières

_Préface_

I -- FRIAR'S OAK

II -- LE PROMENEUR DE LA FALAISE ROYALE

III -- L'ACTRICE D'ANSTEY-CROSS

IV -- LA PAIX D’AMIENS

V -- LE BEAU TREGELLIS

VI -- SUR LE SEUIL

VII -- L'ESPOIR DE L'ANGLETERRE

VIII -- LA ROUTE DE BRIGHTON

IX -- CHEZ WATTIER

X -- LES HOMMES DU RING

XI -- LE COMBAT SOUS LE HALL AUX VOITURES

XII -- LE CAFÉ FLADONG

XIII -- LORD NELSON

XIV -- SUR LA ROUTE

XV -- JEU DÉLOYAL

XVI -- LES DUNES DE CRAWLEY

XVII -- AUTOUR DU RING

XVIII -- LA DERNIÈRE BATAILLE DU FORGERON

XIX -- À LA FALAISE ROYALE

XX -- LORD AVON

XXI -- LE RÉCIT DU VALET

XXII -- DÉNOUEMENT

_Préface_

_Dans un roman antérieur qui a été fort bien accueilli par le

public français, _La grande Ombre_, Conan Doyle avait abordé

l'époque de la lutte acharnée entre l'Angleterre et Napoléon. Il

avait accompagné jusque sur le champ de bataille de Waterloo un

jeune villageois arraché au calme des falaises natales par le

désir de protéger le sol national contre le cauchemar de

l'invasion française, qui hantait alors les imaginations

britanniques._

_Cette fois, dans une oeuvre nouvelle, la peinture est plus

large._

_C'est toute l'Angleterre du temps du roi Georges qui revit d'une

vie intense dans les pages de _Jim Harrison boxeur_, avec son

prince de Galles aux inépuisables dettes, ses dandys élégants et

bizarres, ses marins audacieux et tenaces groupés avec art autour

de Nelson et de la trop célèbre Lady Hamilton, ses champions de

boxe dont les exploits entretiennent au delà de la Manche le goût

des exercices violents, entraînement indispensable à un peuple qui

voulait tenir tête aux grognards de Napoléon, aux marins de nos

escadres et aux corsaires de Surcouf et de ses émules._

_Le tableau est complet et tracé par une plume compétente, Conan

Doyle s'appliquant à décrire ce qu'il connaît bien et évitant dès

lors les grosses erreurs qui tachent certains de ses romans

historiques, _Les Réfugiés_ par exemple._

_Les éditions anglaises portent le titre de _Rodney Stone_. C'est,

en effet, le fils du marin Stone, compagnon de Nelson, qui est

censé tenir la plume et évoquer le souvenir des jours de sa

jeunesse pour l'instruction de ses enfants. Mais Rodney Stone,

s'il est le fil qui relie les feuillets du récit, n'en est jamais

le héros. Âme simple et moyenne, il n'a pas l'envergure qui

conquiert l'intérêt._

_Le vrai héros du roman, c'est Jim Harrison, élevé par le champion

Harrison qui s'est retiré du Ring après un terrible combat où il

faillit tuer son adversaire, et établi forgeron à Friar's Oak._

_N'est-ce pas lui qui entraîne Stone à la Falaise Royale, dans le

château abandonné, à la suite de la disparition étrange de lord

Avon accusé du meurtre de son frère?_

_N'est-ce pas lui qui devient le protégé, et plutôt le protecteur,

de miss Hinton, la Polly du théâtre de Haymarket, la vieillissante

actrice de genre que l'isolement fait chercher une consolation

dans le gin et le whisky?_

_N'est-ce pas lui que nous voyons, au dénouement du roman, fils

avoué et légitime de lord Avon par un de ces mariages secrets si

faciles avec la loi anglaise et qui nous semblent toujours un pur

moyen de comédie?_

_N'est-ce pas à lui qu'aboutit toute cette peinture du Ring, de

ses rivalités, de ses gageures, de ses paris, de ses intrigues?_

_Aussi avons-nous cru bien faire d'adopter pour cette édition

française, préparée par nous de longue main, le titre de _Jim

Harrison boxeur_._

_La boxe a tenu une telle place dans la vie anglaise du temps du

roi Georges qu'il parait extraordinaire que le sport anglais par

excellence, cher à Byron et au prince de Galles, chef de file des

dandys, ait attendu jusqu'à nos jours un peintre._

_Et voilà cependant la première fois qu'un de ces romanciers, qui

ont l'oreille des foules, entreprend le récit de la vie et de

l'entraînement d'un grand boxeur d'autrefois._

_Belcher, Mendoza, Jackson, Berks, Bill War, Caleb Baldwin, Sam le

Hollandais, Maddox, Gamble, trouvent en Conan Doyle leur

portraitiste, il faudrait presque dire leur poète._

_Comme il le remarque fort judicieusement, le sport du Ring a

puissamment contribué à développer dans la race britannique ce

mépris de la douleur et du danger qui firent une Angleterre

forte._

_De la instinctivement la tendance de l'opinion à s'enthousiasmer,

à se passionner pour les hommes du Ring, professeurs d'énergie et

en quelque sorte contrepoids à ce qu'il y avait d'affadissant et

d'énervant dans le luxe des petits-maîtres, des Corinthiens et des

dandys tout occupés de toilettes et de futilités, en une heure

aussi grave pour la vie nationale anglaise_

_Qu'à côté de l'entretien de cet idéal de bravoure et d'endurance,

il y eût comme revers de la médaille la brutalité des moeurs, la

démoralisation qu'amène l'intervention de l'argent dans ce qui est

humain, Conan Doyle ne le nie certes pas, mais la corruption des

meilleures choses ne prouve pas qu'elles n'ont pas été bonnes._

_Si nos pères n'ont pas compris le système anglais, s'ils n'ont

voulu y voir que les boucheries que raillait le chansonnier

Béranger, les hommes de notre génération ont vu plus

équitablement. Ils ont donné à la boxe son droit de cité en France

et réparé l'injustice de leurs prédécesseurs._

_Voila pourquoi, en écrivant _Jim Harrison boxeur_, Conan Doyle a

bien mérité aux yeux de tous ceux, amateurs ou professionnels, qui

se sont de nos jours passionnés pour la boxe. Jim Harrison boxeur

est donc certain de trouver parmi eux de nombreux lecteurs, outre

ceux qui sont déjà les fidèles résolus du romancier anglais,

toujours assurés de trouver dans son oeuvre un intérêt palpitant

et des émotions saines._

_ALBERT SAVINE._

Jim Harrison, boxeur · 第 4 / 27 题