Si déplaisant qu'il soit d'alourdir d'un commentaire cette fantaisie
d'idéologue, je ne puis supporter qu'on méconnaise ici ma pensée, et je
tiens à souligner que je fais intervenir MM. Renan et Chincholle comme
deux exemplaires, universellement connus, de façons fort diverses de
regarder et d'apprécier la vie. Ils me sont des facilités pour abréger
et mouvementer les discussions abstraites. Faut-il redire que j'use de
M. Renan selon la méthode que Platon employa avec Socrate? Mais ce
maître n'est pas mort, m'objectent quelques-uns. Il nous a mis du moins
en possession de son héritage intellectuel: de tout mon effort je le
fais fructifier.
Un nom plus affiché encore est mêlé à cet ouvrage, et chacun comprendra
que je ne puis l'écrire qu'avec un profond sentiment. Mais c'est à
chacune, de ces pages que je voudrais étendre le bénéfice de cette note;
on ne manquera pas de me chicaner avec des interprétations littérales ou
fragmentaires. Tout est vrai là-dedans, rien n'y est exact. Voilà les
imaginations que je me faisais, tandis que les circonstances me pliaient
à ceci et à cela. Goethe, écrivant ses relations avec son époque, les
intitule: _Réalité et Poésie_.
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