LES TISSERANDS

Notre peau s'use au fer des navettes,

Notre peau gerce à tistre la soie;

Dehors le printemps chante et flamboie:

Nous ne connaissons ni fleurs ni fêtes.

Toujours notre front dolent s'incline

Vers le métier dès la prime aurore;

Toujours nos doigts fanés font éclore

De fraîches fleurs dans l'étoffe fine.

Et sur le linceul et sur les langes

Des empereurs porphyrogénètes

Nous entrelaçons les fauves bêtes

Qui rôdent dans nos songes étranges.

_THERMIDOR_

La lyre héroïque et dolente · 第 55 / 136 题