Les Merveilles de l'Industrie ou Description des principales industries
modernes, par M. Louis Figuier (1).
[Note 1: Un vol. in-8º illustré de 415 gravures sur bois. Chez Furne et
Jouvet, rue Saint-André-des-Arts.]
Combien pourrait-on citer aujourd'hui de personnes ayant une
connaissance, même superficielle, des procédés industriels? Les moyens
variés par lesquels l'homme transforme la matière, pour l'asservir à ses
besoins, sont un secret pour la plupart d'entre nous. Le verre, les
poteries, le savon, le sucre, le sel marin, le papier, les cuirs, etc.,
servent à nos usages, à chaque instant de la vie, et pourtant la
majorité d'entre nous serait fort embarrassée de dire comment se
préparent le verre, les poteries, le savon, le papier, etc. L'industrie
est comme un livre fermé à tous les yeux.
[Illustration.]
Ce livre fermé, M. Louis Figuier prétend nous l'ouvrir. Dans l'ouvrage
nouveau qu'il vient de publier, les _Merveilles de l'industrie_, il
entreprend de révéler aux gens du monde et à toute personne désireuse de
s'instruire, les opérations des principales industries modernes. Le
volume que nous avons sous les yeux est consacré aux industries
chimiques, à savoir: le verre et le cristal,--les poteries, faïences et
porcelaines,--le savon,--les soudes et les potasses,--le sel marin,--le
soufre et l'acide sulfurique. L'auteur décrit avec soin les opérations
diverses qui servent à la fabrication de ces matières, et l'on est tout
surpris, en lisant ses descriptions, de voir quel intérêt peuvent
revêtir les matières industrielles traitées par un auteur qui a le désir
constant d'attacher et d'instruire. La masse de renseignements et de
notions utiles contenus dans les notices que nous venons de citer, est
vraiment immense, et leur utilité est d'une évidence sur laquelle il
n'est pas nécessaire d'insister.
Deux mérites nous ont particulièrement frappé, à la lecture des
_Merveilles de l'industrie_. C'est d'abord le soin avec lequel l'auteur
expose l'histoire de chaque industrie. Dans la plupart des ouvrages ou
des dictionnaires où ces matières sont traitées, l'histoire de chaque
industrie est presque toujours passée sous silence. Dans l'ouvrage de M.
Louis Figuier, au contraire, l'histoire des inventions occupe une place
de premier ordre. L'auteur a toujours soin de remonter jusqu'aux
origines primitives de l'industrie qui l'occupe. Il la prend à son
berceau, chez les anciens, et la suit à travers les siècles jusqu'à
l'époque actuelle. C est là une source d'enseignements variés et pleins
d'intérêt pour le lecteur.
[Illustration: Une verrerie chez les Égyptiens.]
[Illustration.]
La seconde qualité qui nous a frappé dans les _Merveilles de
l'industrie_, c'est la préoccupation constante de l'auteur d'éclairer le
texte de ses descriptions par le secours du dessin. Chaque opération
étant accompagnée d'une figure explicative, renseignement par les yeux
accompagnant sans cesse l'enseignement par la plume, il est toujours
facile de comprendre les explications de l'auteur.
Les gravures qui accompagnent cet article (_la fabrication au verre chez
les Egyptiens,--la fabrications des vitres, le coupage du savon en
pains_), sont de doubles spécimens des nombreuses gravures qui
accompagnent l'ouvrage de M. Louis Figuier, et du genre de démonstration
figurée qui se rencontre à chaque page de ce livre.
Les _Merveilles de l'industrie_ ont été présentées, avec beaucoup
d'éloges, à l'Académie des sciences, dans la séance du 15 décembre, par
M. Dumas, secrétaire perpétuel.
Nous n'avons rien à ajouter à ce témoignage d'estime.
Pierre Paget.
[Illustration: Coupage du savon de Marseille en pains.]
Gravures extraites des _Merveilles de l'industrie_, par Louis Figuier.
(Furne, Jouvet et Cie, éditeurs.)
[Illustration: RÉBUS.]