Comme vous êtes quaker, je ne vous écoute pas, vous; mais si je savais
lequel de ceux-là vient de parler! Ah!... l'homme sans foi que celui
qui a dit cette parole! Ne m'avez-vous pas tous vu compagnon parmi
vous? Comment suis-je arrivé au bien-être que l'on me voit? Ai-je
acheté tout d'un coup toutes les maisons de Norton avec sa fabrique?
Si j'en suis le seul maître à présent, n'ai-je pas donné l'exemple du
travail et de l'économie? N'est-ce pas en plaçant les produits de ma
journée que j'ai nourri mon année? Me suis-je montré paresseux ou
prodigue dans ma conduite?--Que chacun agisse ainsi, et il deviendra
aussi riche que moi. Les machines diminuent votre salaire, mais elles
augmentent le mien; j'en suis très-fâché pour vous, mais très-content
pour moi. Si les machines vous appartenaient, je trouverais très-bon
que leur production vous appartînt; mais j'ai acheté les mécaniques
avec l'argent que mes bras ont gagné: faites de même, soyez laborieux,
et surtout économes.--Rappelez-vous bien ce sage proverbe de nos
pères: _Gardons bien les sous, les schellings se gardent eux-mêmes._
Et à présent, qu'on ne me parle plus de Tobie; il est chassé pour
toujours. Retirez-vous sans rien dire, parce que le premier qui
parlera sera chassé, comme lui, de la fabrique, et n'aura ni pain, ni
logement, ni travail dans le village.
=Ils sortent.=