Le Tasse, après avoir énuméré les plats, raconte comment son hôte
vénérable vint à parler de ces fruits et des autres mets, produits de
sa basse-cour. Passant d'un sujet à un autre, il s'étendit sur
l'économie domestique et particulièrement sur l'agriculture. Notre
poëte traita lui-même ces divers sujets avec une grande supériorité;
mais, lorsqu'il eut parlé en termes sublimes et un peu mystérieux de
la création du monde et des mouvements du soleil, il nous raconte que
son hôte se mit à l'examiner avec une plus grande attention, et dit,
après un moment de silence, qu'il voyait bien qu'il avait donné
l'hospitalité à un personnage plus illustre qu'il ne l'avait d'abord
supposé, et que peut-être c'était celui dont on s'entretenait
vaguement dans le pays, qui, étant tombé dans l'infortune par suite de
quelque faiblesse, était aussi digne, par la nature de sa faute, du
pardon des hommes, qu'il était digne de leur admiration par son génie.