Mais la nuit, bonne conseillère, me fit comprendre que, par simple
courtoisie, je devais obtempérer aux désirs de mon ancienne
maîtresse.
--C'est un billet tiré sur moi, et que je dois payer à l'échéance,
dis-je en me levant.
En achevant de déjeuner, je me rendis chez Dona Placida. Je trouvai une
vieille carcasse enveloppée dans des haillons et couchée sur un grabat
nauséabond. Je lui donnai quelque argent, et le lendemain je la fis
transporter à l'hôpital de la Miséricorde, où elle mourut une
semaine après. On la trouva sans vie, le matin. Elle sortit de
l'existence en se cachant, comme elle y était entrée. Une fois encore,
je me demandai, comme au chapitre LXXV, si c'était pour ce beau
résultat que le sacristain de la cathédrale et la pâtissière avaient
procréé Dona Placida dans un moment de sympathie spécifique. Mais je
pensai aussitôt que sans Dona Placida mes amours avec Virgilia auraient
peut-être été interrompues ou immédiatement brisées, en pleine
effervescence; l'utilité de la vie de Dona Placida avait sans doute
été de les entretenir. Utilité relative, j'en conviens; mais qu'y
a-t-il d'absolu dans ce monde?