LE PHOSPHATE TRICALCIQUE ET LES POULES PONDEUSES.

Depuis longtemps, il a été reconnu par les aviculteurs que les poules

ont besoin de calcaire pour édifier la coquille de leurs oeufs: on le

leur donne d'habitude sous forme de plâtras, de mortiers usés, ou

d'écailles d'huîtres concassées. Les éleveurs s'accordent, en outre,

pour estimer que l'alimentation azotée et surtout carnée «pousse à la

ponte». Voici maintenant que des expériences curieuses viennent de

démontrer l'heureuse influence exercée par les aliments riches en

phosphore sur la fécondation des oeufs.

En ajoutant à la provende des poules 10 gr. 2 par kilo de phosphate

tricalcique, on accroît dans la proportion de 27 à 31 pour 1.000 le

nombre moyen des éclosions. Comme le phosphate tricalcique--à la

condition qu'on l'achète chez les droguistes--a une valeur marchande

relativement faible, le prix de revient de ce traitement n'apporte aucun

obstacle à son adoption.

[Illustration: LA VILLE FUTURE.--Une solution hardie du problème de la

circulation. _D'après le «Scientific American»._]

Le terrible «problème de la circulation» à la solution duquel s'applique

avec un heureux zèle, depuis son arrivée à la Préfecture de Police, M.

Hennion, préoccupe plus que nous encore, s'il est possible, les

Américains. La multiplication dans les villes comme New-York, par

exemple, des gratte-ciel, des immeubles gigantesques dont certains

abritent jusqu'à 10.000 personnes, a accru dans d'effrayantes

proportions l'encombrement des rues. Il est temps de remédier à une

situation dont souffrent presque également et ceux qui roulent en

automobile, et les honnêtes gens qui vont encore à pied; ceux-ci exposés

à des dangers croissants, ceux-là empêchés de jouir, comme il leur

conviendrait, du temps que pourrait leur faire gagner la rapidité des

véhicules dont ils disposent.

Le _Scientific American_, qui publie dans son dernier numéro la gravure

reproduite ici, suggérant ainsi une audacieuse solution du problème,

fait très justement observer à quel point il est déraisonnable, absurde,

de continuer à faire circuler, sur un même plan, des mobiles, pour

parler comme les mathématiciens, de vitesses et d'espèce même si

différentes. Est-ce que, demande-t-il fort justement, l'ingénieur, qui

doit établir des conduites pour des fluides de natures diverses, fait

circuler dans les mêmes tuyaux le gaz d'éclairage, la vapeur du

chauffage central et l'eau de la cuisine ou de la salle de bain? Et

croit-on que les chemins de fer auraient atteint le degré de perfection

où ils sont arrivés si, au lieu de créer des voies spéciales à leur

usage, entre de bonnes barrières, on les eût laissés vaguer parmi les

camions des villes et les chars à boeufs des campagnes? Donc divisons,

classifions la circulation pour la rendre plus facile. La rue proprement

dite aux transports rapides, aux tramways, aux automobiles et aux

quelques voitures à chevaux qui demeurent encore,--en attendant que les

«moteurs animaux» soient tout de bon relégués aux champs. Pour les

piétons, des trottoirs spéciaux, en l'air. Les gros transports

s'effectueront au sous-sol, au-dessous même des «métros» et des «tubes».

Et vraiment cette image compliquée est bien amusante à étudier dans ses

détails.

On se complaira aussi à imaginer ce que pourrait donner à Paris un tel

système, avec un ou deux étages de trottoirs aériens sur les boulevards,

rue de la Paix, rue Royale, et donc un ou deux étages de grands

magasins--et quelle vie différente en résulterait, et aussi quel

accroissement de valeur pour les immeubles ainsi desservis.

Il est à prévoir que, dans un avenir plus ou moins éloigné, on sera

amené, par la force des choses, à l'adopter. Il semblerait, à lire

l'article très curieux du _Scientific American_, qui envisage dès

maintenant les conditions dans lesquelles les quartiers centraux de

New-York pourraient être ainsi transformés, que les temps soient assez

proches,... aux États-Unis.

COMMISSAIRE AUX ARMÉES, par Henriot.

L'Illustration, No. 3676, 9 Août 1913 · 第 51 / 52 题