_Un incident, tout menu, de la guerre, mais bien curieusement illustré
par la photographie, nous est conté par M. Jean Leune. C'est encore là
un chapitre--mais simplement pittoresque et amusant, cette fois--des
horreurs de la guerre._
Livounovo, 18 juillet.
Ce matin, le roi Constantin et son état-major sont arrivés en
automobiles. Le roi conduisait lui-même.
Avant d'entrer dans la bâtisse malpropre qui va être ici sa résidence,
il nous a abordés avec la simplicité qui le caractérise... Et puis, tout
à coup, nous le voyons secouer la tête, enlever vivement son képi. Il
regarde dedans... Puis il nous le tend:
--Tenez, regardez... fait-il en éclatant de rire, j'ai deux punaises
dans mon chapeau!...
Et il tend le képi au commandant Skatigos qu'il charge d'exécuter les
délinquantes, tandis que, d'instinct, les princes grecs présents
inspectent à leur tour leurs coiffures.
_On peut sans peine, imaginer ce que sont, depuis dix mois, les
préoccupations d'un souverain qui a assumé lui-même les responsabilités
d'un généralissime. Notre excellent collaborateur, le dessinateur et
peintre militaire Georges Scott, vient de passer plusieurs jours au
quartier général du roi Constantin et sur la ligne du feu. En attendant
qu'il nous en rapporte lui-même ses études en couleurs, il nous envoie
le dessin que nous reproduisons ici._
[Illustration: AU QUARTIER GÉNÉRAL DE LIVOUNOVO.--Tout est endormi:
seul, le roi travaille. _Dessin d'après nature de GEORGES SCOTT._]