=Un sergent entre et descend vers Mario.=
SPOLETTA, =secouant doucement Mario pour le réveiller.=--Chevalier!...
Chevalier!...
MARIO, =se réveillant en sursaut.=--Hein?... Plaît-il?... Ah! c'est vous,
capitaine! Je dormais si bien... Le moment est-il venu?... Et ne me
réveillez-vous d'un si bon sommeil que pour m'en faire connaître un
autre plus profond?...
SPOLETTA, =désignant la porte qui est restée entr'ouverte.=--Non,
monsieur, c'est quelqu'un qui voudrait...
MARIO.--Oh! si celui-là est encore un de ces moines blancs qui veulent à
tout prix me faire implorer la miséricorde de Dieu, pour avoir tenté de
sauver Angelotti, je m'y refuse énergiquement. Je vous en prie,
capitaine, épargnez-moi leurs instances inutiles et leurs chants
lugubres. La mort est assez fâcheuse par elle-même sans qu'on l'attriste
encore par de telles cérémonies.
=Il s'étend de nouveau pour se rendormir.=
SPOLETTA.--Les moines blancs sont partis, monsieur, sur l'ordre de Son
Excellence, et pour une raison que vous saurez tout à l'heure. Ce n'est
pas d'eux qu'il s'agit, mais d'une personne que vous verrez sans doute
avec plus de plaisir.
MARIO, =vivement, sur son séant.=--Floria?
SPOLETTA.--Oui, monsieur!
MARIO, =se tournant vers la porte.=--Oui! qu'elle vienne! Où est-elle?
Floria! Ma chérie... Mon amour!... Mais viens donc... Viens donc!
=Sur un signe de Spoletta, le guichetier ouvre la porte toute grand à
Floria.=