Air: _Elle aime à rire, elle aime à boire._

J'ai pris pour muse une égrillarde

A qui la romance déplaît;

Chaque jour elle se complaît

A rendre ma muse gaillarde.

La gaudriole en mes cartons,

A ses yeux offre une lacune,

Elle me garderait rancune, )

> _Bis_

Si je ne chantais les tétons.)

* * * * *

Dans le sein fécond qui le porte,

L'homme fait neuf mois de séjour;

Impatient de voir le jour,

De ses pieds il frappe à la porte.

A peine est-il né qu'à tâtons

Le jeune espiègle entre en licence,

Et, sans égards pour la décence,

A sa mère il prend les tétons.

* * * * *

Chacun de vous a sa manie,

Amis; mais je ne doute point

Que votre penchant sur ce point,

Avec le mien ne s'harmonie.

Et je crois bien que nous goûtons

Même plaisir et même ivresse,

Quand notre main frôle et caresse

Tour-à-tour deux jolis tétons.

* * * * *

Il est un usage contraire

A la pudeur qui vous régit;

Votre modestie en rougit;

Mais elle ne peut s'y soustraire.

Belles, quand nous vous accostons,

De l'arc-boutant de la nature

Votre oeil furtif prend la mesure,

Le notre toise les tétons.

* * * * *

Dumont dit à son fils Hilaire:

--Il faut enfin te décider,

Et conduire, sans plus tarder,

Au temple d'hymen Rose ou Claire.

--Papa, mon choix est fait; partons:

De Claire la beauté me flatte,

Mais elle a la poitrine plate

Et sa soeur a de gros tétons.

* * * * *

Paul et Justine se conviennent.

L'amour paraît combler leurs voeux;

C'est à leurs mutuels aveux

Pourtant que l'un à l'autre ils tiennent:

Grâce à leurs marchands de cartons,

Aux amateurs ils font des niches,

L'un avec des mollets postiches

Et l'autre avec de faux tétons.

* * * * *

Nature dit à la fillette,

Qui les voit poindre en son corset:

Craignez que le noeud d'un lacet

N'en comprime la peau douillette;

Qu'entre leurs deux jolis boutons

Le même espace s'interpose:

Dans vingt ans où je les pose

Qu'Amour trouve encor les tétons.

* * * * *

A notre liberté publique

Je tiens par goût et par devoir,

Et dans aucun temps le pouvoir

Ne m'a fait changer de tactique.

Au diable les ventrus gloutons

De Villèle et de Bonaparte;

Car la liberté sans la Charte

C'est une femme sans tétons.

Éloge du sein des femmes Ouvrage curieux · 第 79 / 86 题