C'est ici qu'on peut voir qu'en l'un et l'autre monde
Je règne également et je donne des loix;
J'en ai deux aujourd'hui que j'habite à mon choix
Et dans chacun des deux ma gloire est sans seconde.
Sur deux fermes tétons mon empire se fonde;
J'y soumets sans efforts les plus superbes rois;
Il n'en est point qui puisse éviter mes exploits
Et que ma politique à la fin ne confonde.
Je ne crains pas, comme eux, les moindres changemens;
J'aime à voir remuer, et les soulèvemens
Servent à ma grandeur, s'ils font leur décadence.
Et quoy que les prudens et les plus advisés
Imputent la faiblesse aux États divisés,
Si les miens ne l'étoient, j'aurois moins de puissance.
Louis XV demanda un jour à Bouret, secrétaire du cabinet, comment il
trouvait la dauphine et si elle avait de la gorge. Il répondit que
Marie-Antoinette était charmante de figure et qu'elle avait de beaux
yeux. «Ce n'est pas cela dont je vous parle, répondit Sa Majesté, je
vous demande si elle a de la gorge.--Sire, je n'ai pas pris la liberté
de porter mes regards jusque-là.--Vous êtes un sot, continua le monarque
en riant, c'est la première chose qu'on regarde aux femmes.»