MADRIGAL.

Le téton de Babet est plus blanc que l'albastre;

Pour estre ferme et rond il n'a point de pareil;

On ne peut sans amour voir son bouton vermeil,

Faut-il donc s'estonner si j'en suis idolastre!

Quand j'y porte la main de son consentement

Rien ne peut estre égal à mon contentement,

Je suis ravy d'avoir ce charmant privilége,

Mais quand elle s'oppose à mon ardent dessein,

O Babet! ô friponne, aussitost, m'escriay-je,

Vous faites bien la fière avec votre beau sein,

Ah! vrayment vostre sein est un beau sein de neige.

(_Nouveau mélange de pièces curieuses, tant en prose

qu'en vers_. Paris, A. de Sommaville, 1664, in-12.)

Il existe un poëme allégorique et moral, intitulé: _Architrenius_,

publié à Paris en 1517, in-4o, et dont l'auteur, Jean d'Hanteville ou

d'Hanville, était un moine qui vivait à la fin du douzième siècle. Ce

bon religieux mettait, dans ses vers, sans y entendre malice, des traits

un peu vifs; il se plaît, par exemple, à tracer le portrait d'une jeune

beauté; un passage est relatif au sein, il tombe dans notre domaine:

_Non implet longoeva sinum, puerilibus annis_

_Castigata sedes, teneroque rotundula botro...._

Nous avons sous les yeux une traduction inédite de ce fragment:

«Tel qu'une graine vermeille de raisin, un petit tetin, frais et poli,

s'élève mollement sur un sein arrondi, et la couleur de rose contraste

avec cette touffe de lys. Ces deux globes charmants sont grossis par

l'effet de leur jeunesse, et non par le lait qui ne les a pas encore

remplis. Un léger noeud de ruban les serre sans en comprimer la fermeté.

Elevés au milieu d'une surface plane, ces monticules font voir au milieu

d'eux comme un vallon.»

LES DÉLICES DE LA POÉSIE GALANTE. Paris, Ribou, 1666, in-12.

Éloge du sein des femmes Ouvrage curieux · 第 39 / 86 题