Qu'en ce jour tout résonne,
Des chants dictés par nos coeurs.
Dérobons à l'automne
Ce qui lui reste de fleurs;
Pour les belles, qu'on apprête
Des bouquets et des refrains;
C'est aujourd'hui la fête,
La fête de tous les saints.
Tous les saints, ah! Glycère,
C'est beaucoup pour un seul jour;
Toi, qui n'adore guère
Que le plaisir et l'Amour,
Deux patrons, c'est bien honnête;
Comme toi, je me restreins.
Et désormais je ne fête,
Ne fête que tes deux saints.
Ces deux saints que je chante
N'ont que des dehors flatteurs,
Et chacun d'eux m'enchante
Par de riantes couleurs.
Leur parure se compose
Du plus brillant des satins,
Ce sont deux boutons de rose
Qui couronnent tes deux saints.
Longtemps sans les connaître.
Je ressentis leur pouvoir;
Il t'en souvient peut-être,
C'est toi qui me les fis voir.
A ce spectacle sensible,
Vers eux j'étendis les mains
Non, non, il n'est pas possible
De voir de plus jolis saints.
Quoiqu'ils soient, ma Glycère,
Presqu'aussi durs qu'un rocher,
Parfois à ma prière
Ils se sont laissé toucher;
Jaloux de les voir encore,
Je donnerais, je le dis,
Pour ces deux saints que j'adore,
Tous les saints du Paradis.