SCÈNES D'INTÉRIEUR

M. Cognard, qui ne laissait guère une occasion de montrer son loyalisme

sans la prendre au vol, saisit avec empressement le prétexte que lui

offrait l'insuccès du complot des Bostonnais, pour inviter Evil à dîner.

Le digne homme avait bien à coeur aussi de racheter ses faiblesses de la

nuit du trente-et-un décembre, et de pallier ses défaillances

politiques--en supposant que le bruit en parvint à l'oreille des

autorités--par un plus grand déploiement de servilité à la cause

anglaise.

Deux questions jailliront ici des lèvres du lecteur, si toutefois elles

ne se sont pas déjà présentées plus d'une fois à son esprit. Comment un

être aussi vil que Nicholas Cognard pouvait-il être le père de la noble

et fière Alice, et par suite de quel aveugle entraînement l'arrogant

capitaine voulait-il à tout prix épouser la fille d'un homme aussi

méprisable?

N'avez-vous jamais remarqué quelque vieil arbre au tronc tordu par les

ans et à moitié desséché et rongé de vers, pousser entre ses branches

mortes un rameau verdoyant qui supportait quelque beau fruit vermeil? De

loin cet arbre vous semblait bien mort, mais en l'approchant quand vous

en êtes venu à l'examiner en détail, vous avez aperçu, non sans

surprise, entre le fouillis des rameaux desséchés, une verte branche

assez vigoureuse encore pour donner des fruits pleins d'éclat et de

saveur. Si, frappé de ce phénomène, vous en avez demandé la raison au

jardinier qui n'avait pas dédaigné de laisser debout cet arbre

tout-à-fait mort en apparence, il vous aura répondu qu'il avait remarqué

que, dans ce tronc vermoulu, couraient encore quelques fibres remplies

d'une sève fécondante, dernier reste d'une ancienne vigueur éteinte.

De même l'homme--qui ne naît pas nécessairement méchant et que

l'ambition et toutes les passions de l'âge mûr corrompent seulement par

degré--peut aussi donner naissance à des rejetons saines et vigoureux,

surtout quant les jeunes pousses sont écloses alors qu'il était jeune

encore et qu'il y avait encore en lui quelque germe généreux. Fût-il

d'ailleurs tout-à-fait mauvais, l'homme dans son principe générateur

n'a-t-il pas pour correctif la femme, généralement meilleure, et dont la

bienfaisante influence nous transmet ce qu'il y a de plus estimable en

chacun de nous?

Du reste, nous avons déjà dit d'Alice qu'en elle revivait sa mère, belle

âme qui s'était bien jeune envolée de la terre où elle n'avait rencontré

que chagrins et déceptions.

Pour ce qui est de la passion qui entraînait insensiblement, fatalement

Evil vers Alice, je consens à en rectifier à vos yeux l'inconséquence

apparente, puisque surtout il n'était pas payé de retour, lorsque vous

aurez bien voulu m'indiquer la mystérieuse influence qui, au milieu de

la foule, attire de préférence certaine personne vers une autre. Vous

pouvez bien me renvoyer aux lois de l'harmonie universelle, et me parler

des deux fluides sympathiques qu, après s'être longtemps cherchés,

finissent nécessairement par se rencontrer. Fort bien, s'il s'agit d'un

amour partagé. Mais comment expliquer la sympathie opiniâtre en face de

l'antipathie la moins dissimulée? Pourquoi de deux personnes l'une

poursuivra-t-elle l'autre de ses obsessions importunes, sans la moindre

probabilité d'en être jamais écoutée? Pourtant ces entraînements

malheureux ne se voient-ils pas tous les jours?

Maintenant, qu'Evil aimât Alice en dépit de la répugnance qu'il eût dû

éprouver à devenir le gendre de Cognard, en supposant qu'il crût

parvenir à vaincre les répugnances manifestes de la jeune fille, ceci

rentre un peu plus dans le domaine des choses compréhensibles. L'amour

qui vit surtout d'illusions, ne frappe-t-il pas tout d'abord

d'aveuglement ceux qui en sont atteints? La personne aimée, au dire des

poëtes qui prétendent s'y connaître en matière de sentiments, est un

astre qui éblouit celui qui le contemple. Qui sait d'ailleurs, lors même

que James Evil ne fût pas entièrement aveuglé par sa passion, si, à ses

yeux d'homme mûri par le réalisme de la vie, Cognard paraissait aussi

méprisable qu'il le semble à bon droit au lecteur?

Aux yeux du capitaine, Cognard, tout rampant qu'il était devant le

pouvoir, pouvait bien ne sembler qu'un homme habile chez qui l'envie de

parvenir dominait ces instincts délicats avec lesquels l'ambitieux doit

nécessairement rompre pour en arriver à son but. Enfin si, à la

connaissance d'Evil, Cognard s'était montré lâche lors de l'affaire de

la rue Sault-au-Matelot, n'est-il pas avéré que la bravoure n'est point

le fait de la généralité des gens appelés à la vie bourgeoise? Horace,

le charmant poëte, est-il moins estimé des gens d'esprit pour avoir jeté

son bouclier à la bataille de Philippes afin de se sauver plus

prestement?

Que James Evil se fit ou non ces raisonnements, il n'en était pas moins

éperdument épris d'Alice et la voulait à tout prix. C'était un de ces

hommes violents et tenaces, dont les échecs successifs, loin de les

rebuter, ne font que redoubler l'intensité des convoitises. Il en était

même rendu à ce degré d'exaspération qui fait trouver bons tous les

moyens de vaincre une résistance qui n'est que plus irritante parce

qu'elle a été plus opiniâtre et prolongée.

Ce fut avec d'autant plus d'empressement qu'il accepta l'invitation à

dîner, qu'il comptait avoir en main cette fois une arme puissante sinon

propre à charmer la cruelle, du moins capable de porter un coup décisif

à son orgueil.

Alice essaya bien de se soustraire au supplice que lui promettait cette

rencontre prolongée avec le capitaine; mais à peine eût-elle manifesté

son intention de ne point paraître au dîner que le père Cognard entra

dans une colère telle que sa fille dut plier devant cette volonté

rageuse.

Au jour et à l'heure désignés il lui fallut donc prendre place à table,

tout à côté de James Evil. C'était madame Cognard qui avait ménagé cette

délicate attention à sa belle-fille.

La pauvre enfant, malgré son attitude calme et froide, avait l'âme

saisie d'une morne tristesse. Elle sentait circuler autour de soi comme

un souffle de vent funeste. Elle éprouvait les défaillances de la

sensitive dont les pétales frissonnent et se replient sur elles-mêmes,

aux premières approches de la froidure des nuits. Le pressentiment

n'est-il pas la prévoyance des âmes délicates?

M. Cognard se montrait d'une gaîté peu ordinaire et d'une extrême

prévenance envers l'officier anglais, qui répondait de son mieux aux

avances du père d'Alice. Quant à dame Gertrude elle rayonnait. Son oeil

impitoyable de marâtre pénétrant jusqu'au coeur brisé de la jeune fille,

en fouillait avec délice toutes les meurtrissures.

Inquiète, Alice jetait à la dérobée des regards anxieux sur ceux qui

l'entouraient. A certains signes de suffisance et de fatuité plus

qu'ordinaires, qui se manifestaient de temps à autre chez le capitaine

quand il la regardait, elle devina que l'orage viendrait directement de

lui.

La plus grande partie du dîner s'écoula cependant sans qu'aucune

agression vînt répondre à ces craintes.

Quand la grosse faim des convives--je n'entends point parler d'Alice qui

ne toucha guère aux mets qu'on lui servit--eut eu raison des pièces de

résistance, le vin ayant de plus en plus délié la langue de l'officieux

Cognard, il éprouva le besoin d'étaler son dévouement à la bonne cause,

et lança la conversation sur le sujet d'actualité qui lui avait fait

inviter le capitaine Evil.

--Eh bien, dit Cognard après avoir rempli le verre de son hôte d'un

rouge-bord, grâce à vous, capitaine, nous avons donc eu raison de ces

gredins de prisonniers?

--Ah! ma foi, répondit Evil, ce n'est point la peine d'en parler. Un tas

de gueux qui ne valent pas la corde avec laquelle on aurait dû les

pendre tout d'abord!

--Pardonnez, pardonnez. Outre qu'ils étaient nombreux et déterminés, on

dit qu'ils étaient armés jusqu'aux dents.

--Peuh! une dizaine seulement avaient des poignards. Mais à propos,

savez-vous, monsieur Cognard, qui avait procuré ces armes aux conjurés?

--Non, ma foi.

--Hum, c'est tout une histoire qui vous causera peut-être quelque

embarras si le récit s'en propage.

--Comment cela? s'écria Cognard qui bondit dur son siège.

--Eh bien! voici. Figurez-vous que parmi les prisonniers faits dans la

nuit du 31 décembre se trouvait un Canadien, domestique de ce jeune

homme que j'ai rencontré quelquefois ici et qui a pris fait et cause

pour les rebelles. Ne s'appelait-il pas Erard... Ervard...?

--Evrard, dit dame Gertrude avec un doux sourire.

Ce coup de canif dont elle perçait le coeur de sa belle-fille lui causa,

à cette excellente femme, un petit spasme intérieur d'une ineffable

jouissance.

Alice sentit son coeur se serrer tellement qu'elle pensa qu'elle allait

mourir.

--Evrard! C'est bien cela, madame, fit Evil en la remerciant d'un signe

de tête. Or donc, le domestique de ce M. Evrard avait suivi son maître

chassé de la ville, si vous vous en souvenez, par Son Excellence Sir Guy

Carleton, à cause de manifestations le plus effrontées en faveur de la

rébellion.

--Oh! c'est un petit misérable! s'écria Cognard qui suait à grosse

gouttes et sentait vaguement le besoin d'un redoublement de zèle.

--Le serviteur de ce monsieur Evrard ayant été blessé au combat de la

rue Sault-au-Matelot, a été fait prisonnier avec les autres Bostonnais.

Jusqu'ici rien qui soit de nature à vous surprendre. Mais figurez-vous,

du moins c'est ce dont j'ai pu m'assurer en allant aux meilleures

informations, figurez-vous qu'une jeune fille, servante dans la maison

d'un des meilleurs citoyens de la ville, et qui aime ce prisonnier,

lequel répond, je crois au nom de Tranquille, a réussi à tromper les

gardiens et à pénétrer dans la prison de son amant.

--La coquine! s'écria Cognard.

Il jaunissait à vue d'oeil.

Madame Gertrude que cette histoire semblait intéresser au plus haut

point, s'oublia jusqu'à poser ses coudes sur la table.

--Je ne sais vraiment trop, poursuivit l'officier, comment vous faire

part de tous les renseignements qu'on m'a fourni à ce sujet. Mon

embarras n'est pas mince. Après tout, diable! n'êtes-vous pas à l'abri

de tout soupçon?

--Comment donc! repartit Cognard dont la voix trembla; que voulez-vous

dire?...

--Eh bien! voici. L'on prétend comme ça que la rusée maîtresse de

Tranquille n'est autre que cette jolie brunette qui est à votre service.

--Sacredieu! hurla Cognard qui se leva tout droit, blanc comme la

serviette que pendait à son cou. Vous voulez plaisanter, capitaine,

dit-il en retombant sur sa chaise.

--Certes non, monsieur Cognard, la chose est trop grave!

--En y songeant bien, remarqua doucement madame Cognard, je crois me

rappeler avoir remarqué ce Tranquille à la cuisine, du temps que M.

Evrard venait ici.

Certainement que si sa femme n'eût pas été à l'autre bout de la table et

qu'elle se fût trouvée à portée de sa main, Cognard lui eût flanqué un

bon soufflet.

Mais celle-ci se savait hors d'atteinte. Elle regarda tranquillement son

mari. Il y avait du démon dans cette femme. Elle savait bien que

Cognard, avec sa flexibilité de l'échine, se tirerait d'affaire, et elle

devinait vaguement d'ailleurs le dessous des cartes que tenait en ce

moment Evil. Tout ce qu'elle volait pour le quart-d'heure c'était de

perdre Lisette qu'elle haïssait presque autant que sa belle-fille.

Comment analyser les sensations d'Alice pendant ce cruel entretien! Son

coeur avait presque cessé de battre, et les paroles des convives

n'arrivaient plus qu'indistinctes à son entendement.

Le capitaine qui jouissait de l'effet produit, se versa un verre de vin

qu'il but à petits traits comme un conteur qui se recueille pour faire

appel à ses souvenirs, et poursuivit:

--Ce qu'il y a de pire en tout cela, c'est que j'ai pu constater que

c'est bien votre servante qui a fourni à son amant les armes trouvées

sur les prisonniers.

--Mille millions de tous les diables! s'écria Cognard dont la figure

s'empourpra, je la chasserai! je la tuerai!... je...

Et d'un grand coup de poing il cassa son verre et son assiette.

--Calmez-vous, monsieur Cognard, reprit Evil, en ces sortes d'affaires,

croyez-m'en, il faut surtout éviter l'éclat.

--Comment! monsieur, comment! éviter l'éclat, dites-vous! Moi, Nicholas

Cognard, souffrir qu'une infâme servante me compromette ainsi! Sacré

tonnerre! monsieur, savez-vous que je serais homme à tuer de mes propres

mains ma femme et ma fille, plutôt que de les laisser ainsi se jouer de

ma réputation de loyauté envers notre souverain! Ah Alice: si je pouvais

m'imaginer que au as mis les mains à cette trahison infâme, si je

croyais seulement que tu en eusse eu connaissance, je...

Cognard s'arma d'un couteau et fit un geste effroyable.

--Doucement! je vous en prie, au nom de Dieu! s'écria Evil en lui

saisissant le bras. Qui serait assez fou de croire que mademoiselle peut

se trouver mêlée à de sales intrigues de valets? Pour ma part, Monsieur,

me l'affirmât-t-on sous le sceau du serment que je n'en croirais rien.

Veuillez vous calmer! Je comprends votre indignation, mais, je vous l'ai

déjà dit, votre conduite nous met, vous et votre famille, à l'abri de

tout soupçon. Si pourtant les envieux voulaient profiter de ces faits

pour vous faire un mauvais parti, je prendrais tout sur mes charges, et

il faudrait compter avec moi qui, par l'entremise de mon ami McLean, a

sur son Excellence une influence assez grande pour faire taire tous vos

calomniateurs. Voici, du reste, quelle est la situation. Tranquille mis

au secret, subira bientôt son procès devant une cour martiale. Il faudra

bien, il est vrai, établir la complicité de son amante.

--Mais ne sentez-vous pas, dit Cognard avec angoisse, que la preuve de

cette complicité, rendue publique, sera précisément ce qui me perdra!

--J'avoue, dit Evil avec hésitation, qu'il sera mieux d'éviter ce

témoignage compromettant. Écoutez, monsieur Cognard... Mais j'espère que

nous ne sommes pas épiés.

--Ah! sacré mille tonnerres! je le voudrais bien par exemple!

Et Cognard se leva pour courir à la porte de la salle.

Lisette qui, le coeur bondissant d'effroi, se tenait aux écoutes, eut

heureusement le temps de s'esquiver et de disparaître, sans quoi son

maître l'aurait assommée du coup.

--Ne craignez rien, dit-il en revenant s'asseoir; nous sommes seuls.

--Écoutez, monsieur, je crois qu'il est un moyen d'étouffer complètement

cette malheureuse affaire. Seulement il faut que vous et madame, ainsi

que mademoiselle, vouliez bien me mettre à même de pouvoir vous être

utile. Je ne pose pas en homme désintéressé. Je joue carte sur table et

vous demande service pour service.

--Je voudrais bien voir que quelqu'un ici s'avise de ne pas vouloir vous

être agréable, gronda Cognard.

--Voici. Vous n'êtes pas sans savoir, monsieur, que j'aime mademoiselle

votre fille. Veuillez me faire l'honneur de m'accorder sa main et je

m'engage à étouffer cette affaire, dussé-je, si je ne puis réussir

autrement, faire évader cet homme.

--Comment donc, capitaine, mais tout l'honneur est pour moi, et le jour

où vous voudrez bien devenir mon gendre sera le plus beau de ma vie!

--Merci, monsieur Cognard, mais il me reste à m'assurer du consentement

de mademoiselle.

--Ma fille n'a pas d'autre volonté que la mienne!

Alice qui jusqu'alors était demeurée dans une immobilité complète et

semblait avoir été frappée par la foudre, se ranima soudain sous ce

dernier coup de l'égoïsme de son père qui la sacrifiait impitoyablement

à son ambition. Elle ouvrait la bouche pour protester contre

l'engagement que son père venait de prendre sans même daigner la

consulter, et jurer qu'elle ne serait jamais la femme d'un autre que

Marc Evrard à qui elle était fiancée, lorsqu'Evil lui coupa la parole.

--Il serait malséant de ma part, dit-il, de prendre ainsi mademoiselle

par surprise et de la forcer de donner une adhésion aussi subite à ma

demande. Comme le procès de Tranquille ne peut certainement pas

commencer avant une dizaine de jours, c'est donc toute une semaine qui

reste à mademoiselle pour se décider à vouloir faire mon bonheur. En

supposant que dans mon indignité je ne pusse par moi seul trouver grâce

à vos yeux, mademoiselle voudra songer sans doute que le jour où elle

consentira à devenir ma femme elle fera certainement deux heureux: moi

d'abord qui ne pourrai reconnaître cette inestimable faveur que par le

dévouement de toute ma vie aux moindres de ses désirs, et ce pauvre

diable de Tranquille qui ne lui devra pas moins que la vie. Pour ce qui

est de votre servante, monsieur Cognard, dit Evil en se levant, je suis

d'avis qu'il vaut mieux maintenant ne pas lui laisser voir que vous êtes

au courant de ces intrigues. Si vous la renvoyiez elle parlerait

peut-être et nous causerait de embarras. Gardez-la pour le moment à

votre service. Plus tard nous verrons ce qu'il en faudra faire.

Seulement surveillez-la de près.

Afin de couper court à toute protestation de la part d'Alice, Evil

s'était levé sans façon le premier de table. Il prétexta quelque

exigence de service pour se retirer sur-le-champ.

Le capitaine avait senti que le moment était des plus critiques et qu'il

fallait empêcher la jeune fille de se prononcer immédiatement.

Ne valait-il pas mieux en effet lui laisser quelques jours de répit

pendant lesquels monsieur et madame Cognard auraient tout le loisir de

la _travailler_. Et puis Evil comptait aussi quelque peu sur les prières

que Lisette oserait probablement adresser à sa maîtresse pour sauver

Tranquille de l'échafaud.

On conviendra que cette petite machination était assez bien ourdie.

Tandis qu'Alice atterrée regagnait sa chambre, madame Cognard, se disait

que jamais de sa vie elle n'avait autant joui qu'à ce dîner.

La fiancée du rebelle: Épisode de la Guerre des Bostonnais, 1775 · 第 32 / 50 题