DÉSESPÉRANCE D'AMOUR.

Marc Evrard ne prêta qu'une attention fugitive aux facéties de

Tranquille, et le rappela dans le magasin qui occupait tout le

rez-de-chaussée.

--Trève de plaisanteries, dit-il en jetant un regard distrait sur

l'oreille ensanglantée que Tranquille élevait triomphalement à la

hauteur de l'oeil; mettons-nous en état de défense, au cas l'ennemi,

outré de sa déconfiture, reviendrait en force. Aide-moi à barricader la

porte et les fenêtres et à les boucher avec ces plaques de poêles, qui

serviront à arrêter les projectiles... Bien! maintenant défonçons un

baril de poudre et un autre de balles, afin d'avoir nos munitions toutes

prêtes et sous la main.

En ces temps-là il y avait à peu près de tout chez le premier venu de

nos marchands. Les chalands n'étaient pas assez nombreux dans les villes

pour exiger cette division du commerce en différentes branches,

nécessaire aujourd'hui. Le marchand qui avait pour pratiques des

paysans, des sauvages des régions les plus éloignées, des matelots et

des citadins, entassait dans sa boutique à peu près tout ce qui pout

servir à conserver la vie ou même à l'ôter au besoin.

A peine Tranquille entendit-il parler d'assaut et de bagarre possibles,

qu'il ne se sentit plus d'aise. Il alla dépendre son vieux mousquet qui

était accroché au dessus de la cheminée du premier étage, et qu'il

entretenait avec le plus grand soin.

--Ça, voyez-vous, Monsieur Marc, dit-il en caressant l'arme du regard,

c'est comme un enfant pour moi! J'ai fait le coup de feu avec ce fusil à

la Monongahela, au Fort William Henry, à Carillon, à Montmorency, aux

batailles des Plaines et de Sainte-Foy. Je vous assure y a un joli

nombre d'Anglais qui vous diraient comme il porte bien sa balle de

calibre, si tous les pauvres diables à qui j'ai fait descendre leur

garde pouvaient revenir vous en compter l'histoire.

En parlant, il avait glissé une bonne charge de poudre et deux balles

dans le canon de son arme, qu'il amorça ensuite avec le plus grand soin.

Marc s'empara d'une demi-douzaine de mousquets neufs suspendus aux

poutres du magasin. Il en fit jouer les batteries, s'assura que le silex

était de bonne qualité, et il chargea tous ses fusils de deux balles

chacun.

--Maintenant, dit Marc Evrard, laissons trois de ces mousquets sur le

comptoir et tout prêts à faire feu. Nous allons monter les autres au

premier, avec des munitions. Si l'on veut forcer la maison c'est ici que

nous soutiendrons le premier assaut, et si nous sommes forcés de

retraiter, nous nous barricaderons en haut, d'où l'on ne nous délogera

pas sans qu'il y ait des crânes fêlés et des côtes enfoncées.

Tous ces préparatifs terminés, Marc et Tranquille s'installèrent au

premier étage, d'où ils pouvaient facilement voir arriver les

assaillants par les fenêtres laissées libres.

Célestin Tranquille, après s'être assurée que tout était paisible aux

alentours, déboutonna son gilet pour voir si la blessure qu'il avait

reçue au côté était sérieuse. Il constata avec plaisir que ce n'était

qu'une simple éraflure.

Marc n'était guère plus grièvement blessé. L'épée d'Evil n'avait pénétré

que de deux ou trois lignes dans les chairs de la cuisse. En quelque

jours il n'y paraîtrait plus.

--Tant que le coffre on la boule ne sont pas endommagées, remarqua

Tranquille, ces égratignures ne valent pas la peine qu'on s'en occupe.

Une fois ce moment de surexcitation passe, Marc sentit que la réaction

se faisait en lui. Assis près du poêle où Tranquille avait allumé un bon

feu qui se faisait agréablement sentir par cette nuit fraîche, Evrard

tomba dans une rêverie profonde. La réflexion s'en mêlant devait,

conséquence des évènements de la soirée, influer sur toute la vie du

jeune homme.

Dernier descendant d'une des premières et bonnes familles qui s'étaient

établies dans le pays, Marc avait perdu son père à la bataille de

Sainte-Foy, où M. Evrard commandait un détachement de milice. Madame

Evrard, restée veuve avec un revenu tout juste suffisant pour la faire

vivre avec son fils unique, n'en avait pas moins fait donner à ce cher

enfant une excellente éducation.

Minée par le chagrin que lui avait causé la perte prématurée de son

mari, elle était morte en 1768, comme Marc sortait du Petit Séminaire de

Québec et allait avoir dix-huit ans.

Resté maître d'un modeste capital, Marc, qui avait l'âme trop noble pour

chercher dans la magistrature un de ces emplois rendus avilissants par

les conditions de servilité que les vainqueurs exigeaient alors, et qui

n'avait jamais songé à émigrer en France, vu qu'il n'y avait plus que

des parents très-éloignés et de peu d'influence, pensa avec raison que

la seule carrière qui lui offrit quelque chance d'acquérir au Canada une

position honorable, était le commerce. Mais les fonds qu'il avait en

mains n'étaient pas suffisants pour lui permettre d'établir sur le champ

une maison indépendante. Il lui fallait le crédit et la protection d'un

négociant bien posé. Pour ne pas avoir recours à l'obligeance des

marchands anglais établis à Québec, il s'adressa à M. François Cazeau,

riche commerçant de Montréal, qui s'empressa de lui venir en aide.

Ce Cazeau était l'un des rares Canadiens qui gardaient encore l'espoir

de voir le Canada retourner un jour à la France et qui conspiraient à

cet effet. Il avait, en différents endroits du pays, plusieurs comptoirs

tenus par des agents qui lui étaient entièrement dévoués et dont il

s'assurait la soumission parfaite en les faisant tous ses obligés. Les

relations qu'il entretenait avec les Sauvages au moyen de la traite, lui

valaient aussi leur amitié, à tel point que, en 1775, il assura le

concours de bon nombre de tribus à la cause américaine et empêcha

presque toutes les autres de prendre les armes contre le Congrès.

François Cazeau avait reconnu tout de suite en Marc Evrard un jeune

homme instruit, intelligent et actif, et fut très-heureux de s'attacher

un agent à la fois son associé, qu'il espérait devoir lui être de la

plus grande utilité dans l'entreprise politique qu'il méditait.

Cependant Cazeau s'était bientôt aperçu, dans ses premières tentatives

d'initiation, qu'il ne pourrait point influencer le jeune Evrard autant

qu'il l'aurait désiré.

Marc, avec ses fortes études, ses connaissances historiques et un

jugement droit, aimait à raisonner par lui-même et à se convaincre par

la déduction des faits qu'il voyait s'accomplir.

D'abord, l'ingrat abandon que la France avait fait de ses-fidèles

colonies d'Amérique lui prouvait clairement, comme tous les gens sensés,

qu'elle n'était disposée à accomplir aucun sacrifice pour les

reconquérir. Il lui semblait donc qu'il était plus prudent de ne se

mêler en aucune sorte de ces échauffourées qui n'aboutiraient qu'à la

ruine de ceux qui se seraient avisés d'y prendre part. Certes, il aimait

bien toujours la France, mais cette affection inaltérable du Canadien

pour la mère-patrie, il la conservait soigneusement en soi, comme ces

peines secrètes que les gens mélancoliques entretiennent en leur âme,

souffrance idéale et qui, n'étant pas sans charme, leur fait plaisir à

garder.

Avouons cependant que les tyrannies du gouvernement militaire qui suivit

la conquête lui firent quelquefois prêter l'oreille aux suggestions

séditieuses, mais alors motivées, de François Cazeau. Déjà même, Evrard

sentait s'éveiller en lui toutes les antipathies que suscitait dans le

pays le despotisme des vainqueurs, lorsque la prudente Angleterre

s'était décidée, en 1774, d'accorder au Canada les franchises de l'Acte

de Québec.

Cette politique sensée avait ramené Evrard à ses idées naturelles.

Jointes à cela les récriminations du Congrès lui firent bientôt voir des

ennemis non moins dangereux que les conquérants-dans ces Anglais

d'Amérique, qui ne tâchèrent par leurs protestations subséquentes

d'entraîner les Canadiens de leur côté que pour les aider à secouer le

joug de l'Angleterre, sachant bien que nous disparaîtrions ensuite comme

race pour nous fondre dans la grande confédération américaine. Ainsi

placées entre deux ennemis, n'était-il pas plus sage de rester les

sujets du plus distant, dont l'éloignement restreindrait nécessairement

les vexations, alors que la proximité d'une grande puissance comme celle

des États-Unis--que les penseurs de l'époque considéraient déjà comme

établie,--devait assurer la tranquillité, des Canadiens en forçant la

métropole à ne les point trop mécontenter d'abord et à les ménager

beaucoup par la suite? On a vu du reste que cette opinion était commune

à la majorité de la population qui, si elle ne s'en rendit pas

directement compte, n'en agit pas moins tacitement dans ce sens par son

abstention quasi-complète lors de cette invasion dont les Américains

attendaient merveille.

C'est sous l'influence de ces idées justes que l'on a vu Marc agacer de

ses gouailleries, dans la chapelle de l'évêché, le malheureux Williams

qui s'efforçait de gagner les Québecquois à la cause du Congrès.

Marc Evrard était donc loin de pencher du côté des insurgés et le

capitaine Evil, en le dénonçant comme rebelle à Cognard, n'avait fait

que mettre la calomnie au service de ses petits intérêts. Tel était donc

Evrard, imbu de principes raisonnables et réglant sur eux sa ligne de

conduite, lorsqu'il était de sang froid.

Voyons-le maintenant à l'oeuvre, alors que les passions les plus

violentes se sont révoltées en lui, sous le fouet de la fatalité.

Étudions la révolution complète que le choc de ces furies déchaînées va

opérer en lui.

Depuis deux ans, Marc aimait Alice. Ce n'avait d'abord été qu'un

sentiment discrètement contenu. Il ne la connaissait encore que pour

l'avoir vue le dimanche au sortir de la grand'messe, lorsqu'elle passait

rougissante et les yeux modestement voilés par ses longs cils noirs,

entre la double haie des jeunes gens de la ville, plantés là en faction

pour guigner les jolis minois qu'effarouchaient plus ou moins les

regards assassins de ces muguets.

Pendant près d'un an, Marc n'avait pas déserté seule fois son poste dans

les rangs de ces messieurs.

Il allait donc berçant précieusement cette chère illusion qui consiste à

s'enamourer d'une personne pour laquelle souvent vous n'existez même

pas, lorsque un jour, ou plutôt un soir, il fut inopinément enlevé

jusqu'à la sphère céleste où planait l'ange de ses rêves, c'est-à-dire,

en langue vulgaire et compréhensible, qu'il fit la connaissance de

mademoiselle Cognard.

Si le nom du père était commun, on sait que la personne sa fille était

très-distinguée. Marc ne ressentit que l'éblouissement causé par les

grâces physiques et morales d'Alice. Il se persuada sans peine qu'elle

était plus adorable encore qu'il n'avait osé se l'imaginer dans ses

songeries les plus audacieuses. Il alla jusqu'à trouver de la

distinction dans le nom de Cognard.

Bref, apprenez en une seule phrase que Marc Evrard se fit, admettre chez

M. Cognard, devint de plus en plus éperdument amoureux d'Alice, et en

fut payé de retour, après tous les soupirs, oeillades, aveux tremblants

et monosyllabiques qui sont le menu fretin dont les amoureux amorcent

leur hameçon pour pêcher dans le fleuve du Tendre.

Ces préliminaires enfantins de l'amour peuvent faire lever les épaules

aux roués qui comptent déjà leurs conquêtes par le nombre de leurs

cheveux gris; mais n'est-il pas vrai qu'à cet âge radieux où la tête est

jeune comme le coeur, n'est-il pas vrai que tous ces raffinements

timides d'une passion naissante remplissent l'âme d'un fluide Celeste

qui rend votre corps léger à vous faire croire que vous montez dans les

nuages et que vous allez marcher sur les étoiles?

Vous qui me lisez en chauffant vos vieilles jambes endolories, dans

lesquelles tourne la vrille aiguë des rhumatismes, détournez un peu vos

yeux du livre et les laissez errer sur la flamme claire qui ramène un

reste de chaleur dans votre sang qui se fige, et redescendez par la

pensée les nombreux degrés de votre vie. Vous rappelez-vous qu'un

soir--oh! il y a longtemps!--vous longiez avec elle la rive verdoyante

du grand fleuve. C'était en juin, n'est-ce-pas le parfum pénétrant des

lilas en fleurs embaumait l'air avec la douce odeur des foins sauvages

que foulaient vos pas distraits. Vous regardiez l'or des étoiles

scintiller dans la voûte limpide du ciel; vous écoutiez silencieux, ému,

ces voix mystérieuses du soir qui soufflent l'amour aux oreilles

humaines, et la brise qui bruissait et venait faire vibrer en vous, avec

un frémissement voluptueux, les cordes les plus sensitives de votre âme.

N'est-il pas vrai que pénétré de ces senteurs odorantes, attendri,

exalté, il vous fut impossible de résister au désir de mêler les accords

de la voix de votre passion à cette immense bouffée d'harmonie qui

montait, de la terre au ciel? A l'aveu timide de son amour, qui répondit

au vôtre, ne vous rappelez-vous pas que votre bras, alors musculeux et

ferme, trembla sous la pression frémissante de sa frêle main, tandis que

votre coeur, près d'éclater, semblait vouloir bondir hors de votre

poitrine? Oh! alors, dites-moi, n'avez-vous pas senti courir en vos

veines gonflées une flamme céleste, fugitive étincelle de cette chaleur

divine qui, un jour, animera notre âme d'une éternelle vie?

Mais je m'arrête, car je vois au tremblement de vos mains que ces

souvenirs vous ont tellement ému, que mon pauvre livre menace de vous

échapper et de rouler dans les flammes pétillantes du foyer.

Or donc, si de simples souvenances vous agitent à ce point, que

pensez-vous qu'il en dût être du malheureux Marc Evrard en désespérance

d'amour? Chez vous les regrets se tempèrent par la pensée, par la

satisfaction de n'avoir pas au moins perdu ces belles heures de la trop

courte jeunesse. Mais lui qui voyait, dans la vigoureuse floraison de

son printemps, son rêve le plus cher, qu'il avait longtemps regardé

comme devant se transformer en une ravissante réalité, prêt à s'évanouir

ainsi que le plus commun des songes!...

D'un côté, les préventions injustes du père après avoir d'abord bien

accueilli le jeune Evrard dont la position lui avait paru devoir être

assez sortable, ne jurait plus depuis deux ou trois mois que par le

brillant capitaine Evil; d'un autre, la haine, jusqu'alors sourde et

contenue de son rival, qui venait d'éclater si vive et si menaçante,

découvraient à Marc un avenir déplorablement sombre. Le père Cognard

était si rampant, si vain, si ambitieux que la perspective d'une

alliance avec un officier de l'armée anglaise l'empêcherait sans aucun

doute de prêter l'oreille aux justifications du malheureux petit

commis-marchand; d'autant plus que la pusillanimité du bonhomme était

telle que, sur la simple accusation du capitaine, il avait jugé toutes

relations avec Evrard par trop compromettantes. Cette répulsion

naissante du père d'Alice pour Marc ne s'accroîtrait-elle pas encore,

maintenant que James Evil n'aurait plus de repos qu'il n'eût sans doute

tout à fait perdu de réputation le jeune Evrard aux yeux du trop crédule

Cognard?

Il est vrai que Marc était aimé d'Alice autant que James Evil en était

détesté; mais oserait-elle jamais, pourrait-elle se refuser d'obéir aux

ordres sévères du père, et ne point succomber aux persécutions

incessantes que sa belle-mère ne manquerait pas, selon toute

probabilité, de susciter à la malheureuse enfant?

Toutes ces horribles pensées brûlaient le cerveau de Marc ainsi que des

flammes vives. Comme pour l'empêcher d'éclater sous l'atroce cuisson de

ces douleurs, il comprimait sa tête dans ses doigts crispés. Son sang

s'était tellement échauffée qu'il se sentait tournoyer dans une

atmosphère embrasée.

Dans ces heures de fièvre délirante, l'homme le mieux pensant lorsqu'il

est de sang-froid, se prend presque toujours à écouter la première de

ses inspirations extrêmes, surtout lorsqu'elle semble lui promettre dans

une autre voie la sauvegarde de ses intérêts menacés.

Du bourdonnement constant des souvenirs de cette assemblée laquelle il

avait eu la malencontreuse idée d'assister par curiosité, et qui avait

déterminé la catastrophe où croulaient toutes ses espérances jaillit

soudain devant lui l'idée d'un salut possible: pourquoi ne se

rangerait-il pas du côté des insurgés?

En restant dans la ville, Evrard demeurait à la merci du capitaine Evil

et dans une grande impuissance inaction. Au contraire, s'il allait

offrir ses services à l'armée du Congrès, déjà victorieuse sur tous les

autres points de la contrée, et qui allait probablement s'emparer aussi

bientôt de Québec, dernier rempart de la domination britannique au

Canada, ne se préparait-il pas une rentrée triomphante dans les bonnes

grâces du père Cognard? Celui-ci ne chercherait-il pas, en effet, avec

sa versatilité et sa souplesse ordinaires, à se concilier les derniers

vainqueurs? Et alors ne serait-il pas de bonne politique pour le père

Cognard d'éconduire vitement le capitaine anglais, pour jeter sa fille

entre les bras de Marc Evrard, le partisan du Congrès triomphateur?

Cette inspiration paraissait tellement plausible et la cause anglaise

semblait en ce moment si compromise pour ne pas dire entièrement perdue,

que le jeune homme y acquiesça presque sans balancer.

Seulement, comme il brillait encore une lueur de bon sens dans ce

cerveau si subitement troublé et que Marc Evrard ne pouvait tout à coup

rompre aussi brusquement avec ses convictions, il résolut d'attendre

quelques jours afin de voir si l'influence funeste d'Evil achèverait de

ruiner entièrement ses espérances. Alors il suivrait la nouvelle pente

ou la fatalité semblait l'avoir poussé malgré lui.

Evrard achevait de prendre cette détermination lorsque le matin appuya

son front pâle sur les vitres des fenêtres, pour jeter un premier coup

d'oeil dans les maisons encore endormies. Célestin, qui avait remarqué

que son maître était trop péniblement affecté pour qu'on pût

l'interroger, lui ayant vu lever la tête avec un mouvement qui marquait

une résolution prise, dit alors:

--Vous devez être fatigué, Monsieur Marc. Tout paraît calme au dehors;

allez donc vous reposer un peu. Je continuerai de: veiller seul.

--Merci, mon brave Célestin, répondit Marc en se levant. Je crois que

nous pouvons nous coucher tous les deux sans craindre aucune agression.

Il n'est guère probable que nous revoyions, aujourd'hui messieurs nos

Anglais qui doivent avoir leur suffisance de notre chaude réception de

cette nuit.

La fiancée du rebelle: Épisode de la Guerre des Bostonnais, 1775 · 第 12 / 50 题