ART. 21.

Le présent traité sera ratifié, et les ratifications échangées à

Paris, dans l'espace de deux jours, et plus tôt si faire se peut.

Fait à Paris, le 11 avril 1814.

_Signé_, CAULAINCOURT, duc de Vicence; NEY, duc d'Elchingen;

MACDONALD, duc de Tarente; le prince de METTERNICH; le comte de

STADION; le comte RAZOUMOSKI; le comte de NESSELRODE; CASTLEREAGH;

le baron de HARDENBERG.

Nous avons accepté le traité ci-dessus en tous et chacun de ses

articles, le déclarons accepté et ratifié, et en promettons

l'invariable observation. En foi de quoi nous avons délivré le

présent, signé et revêtu de notre sceau impérial.

Ainsi fait à Fontainebleau, le 12 avril 1814.

_Signé_, NAPOLÉON.

Et plus bas,

Le ministre secrétaire d'État,

Duc de BASSANO.

]

[19: Les sommes contenues dans les caissons dépassaient vingt millions.]

[20: C'est ici le cas d'observer que, lors de l'avènement de l'empereur

au gouvernement, il n'y avait pas une cuillère d'argent aux Tuileries,

pas une pièce de vaisselle, ni de linge. Tout ce qui existe en ce genre

aujourd'hui dans les palais du roi a été acheté sur les économies du

traitement particulier de l'empereur, et non avec les deniers du trésor

public. Les diamans de la couronne ont tous été achetés ou retirés par

lui des lieux où on les avait mis en gage avant son arrivée au pouvoir.

Il faut dire cependant que c'est avec l'argent du trésor qu'ils l'ont

été; quant à l'argenterie, je me rappelle l'époque où l'on était obligé

d'en louer à des orfèvres de Paris, lorsque le premier consul avait du

monde à dîner. Dans le mobilier de vaisselle plate existant aujourd'hui

aux Tuileries, se trouve la matière provenant de l'argenterie du général

Bonaparte, qui a été fondue aux armes impériales.]

[21: On a prétendu que les lettres de l'empereur à l'impératrice avaient

été remises au prince de Schwartzenberg. Cette infidélité serait trop

noire. Il est probable qu'elle n'est pas vraie.]

[22: _Grandeur et décadence des Romains_, chap. V.]

[23: «Cette paix ou plutôt ces sacrifices ne seront-ils pas pour Votre

Majesté un éternel grief contre son plénipotentiaire? Bien des gens en

France, qui en sentent aujourd'hui la nécessité, ne me les

reprocheront-ils pas six mois après avoir sauvé le trône?» (_Dépêche du

5 mars_.)]

[24:

M. le général de Maubreuil étant chargé d'une haute mission d'une

très grande importance, pour laquelle il est autorisé à requérir

les troupes de S. M. I. russe, M. le général en chef de

l'infanterie russe, baron Saken, ordonne aux commandans des troupes

de les lui mettre à sa disposition, pour l'exécution de sa mission,

dès qu'il les demandera.

Le général en chef de l'infanterie russe, gouverneur de Paris.

_Cachet_. _Signé_, baron SAKEN.

* * * * *

Paris, 17 avril 1814.

M. le général de Maubreuil étant autorisé à parcourir en France

pour des affaires d'une très haute importance, et pour l'exécution

de très hautes missions; que dans son besoin il peut avoir occasion

de requérir les troupes des hautes puissances; en conséquence, et

suivant l'ordre de M. le général en chef de l'infanterie russe,

baron Saken, il est ordonné à MM. les commandans des troupes

alliées de les lui fournir sur ses demandes, pour l'exécution de

ces hautes missions.

Le général d'état-major.

_Cachet_. _Signé_, baron de BROKENHAUSEN.

Paris, 17 avril 1814.

]

[25: _Direction générale des postes et des relais de France._

Le directeur-général des postes ordonne aux maîtres de postes de

fournir à l'instant à M. de Maubreuil, chargé d'une importante

mission, la quantité de chevaux qui lui sera nécessaire, et de

veiller à ce qu'il n'éprouve aucun retard pour l'exécution des

ordres dont il est chargé.

Le directeur-général des postes et relais de France,

_Signé_, BOURIENNE.

Hôtel des postes. Paris, 17 avril 1814.

_P. S._ Le directeur-général ordonne aux inspecteurs et maîtres de

postes de veiller avec le plus grand soin à ce que le nombre de

chevaux demandé par M. de Maubreuil lui soit fourni avant et de

préférence à qui que ce soit, et qu'il n'éprouve aucune espèce de

retard.

Le directeur-général,

_Cachet_. _Signé_, BOURIENNE.

Paris, 17 avril 1814.

]

[26: _Ministère de la guerre._

Il est ordonné à toutes les autorités militaires d'obéir aux ordres

qui leur sont donnés par M. de Maubreuil, lequel est autorisé à les

requérir et en disposer selon qu'il le jugera convenable, étant

chargé d'une mission secrète. MM. les commandans veilleront à ce

que les troupes soient mises sur-le-champ à sa disposition, et

qu'il n'éprouve aucun retard pour l'exécution des ordres dont il

est chargé pour le service de S. M. Louis XVIII.

Le ministre de la guerre,

_Cachet._ _Signé_, le général comte DUPONT.

Paris, 16 avril 1814.

]

[27: _Ministère de la police générale._

Il est ordonné à toutes les autorités chargées de la police de

France, aux commissaires-généraux, spéciaux et autres, _d'obéir aux

ordres que M. de Maubreuil leur donnera_, et de faire exécuter à

l'instant même tout ce qu'il leur prescrira, M. de Maubreuil étant

chargé d'une mission secrète de la plus haute importance.

Le commissaire provisoire au département de la police générale,

_Cachet._ _Signé_, ANGLÈS.

Paris, 16 avril 1814.

]

[28: Rapport de MM. Thouret et Brière de Valigny, substituts de M. le

procureur impérial.]

[29: Il aurait été plus juste de dire que l'on ne pouvait pas compter

deux fois sur un hiver comme celui de Moscou.]

[30: Ceci a été écrit en 1816.]

[31: _Extrait de la communication officielle faite par le gouvernement

de la Grande-Bretagne à l'ambassadeur de Russie, à Londres, le 19

janvier 1805._

On a mis sous les yeux de Sa Majesté le résultat des communications

faites par le prince Czartorinski à l'ambassadeur de Sa Majesté à

Pétersbourg, et des explications confidentielles données par Votre

Excellence. Sa Majesté a vu avec une satisfaction inexprimable le plan

de politique sage, grand et généreux que l'empereur de Russie est

disposé à adopter dans la situation calamiteuse de l'Europe. Sa Majesté

est encore heureuse de s'apercevoir que les vues et les sentimens de

l'empereur, par rapport à la délivrance de l'Europe et à sa tranquillité

et à sa sûreté future, répondent entièrement aux siens. En conséquence,

le roi désire entrer dans l'explication la plus claire et la plus

franche sur chaque point qui tient à ce grand objet, et de former avec

Sa Majesté impériale l'union de conseil et le concert le plus intime,

afin que, par leur influence et leurs efforts réunis, on puisse

s'assurer de la coopération et de l'assistance d'autres puissances du

continent dans une proportion analogue à la grandeur et à l'importance

de l'entreprise, du succès de laquelle dépend le salut futur de

l'Europe.

Pour cela, le premier pas doit être de fixer aussi précisément que

possible les objets vers lesquels un tel concert doit tendre.

Il paraît, d'après l'explication qui a été donnée des sentimens de

l'empereur, auxquels Sa Majesté adhère parfaitement, qu'ils se

rapportent à trois objets, 1° de soustraire à la domination de la France

les contrées qu'elle a subjuguées depuis le commencement de la

révolution, et de réduire la France à ses anciennes limites, telles

qu'elles étaient avant cette époque; 2° de faire, à l'égard des

territoires enlevés à la France, des arrangemens qui, en assurant leur

tranquillité et leur bonheur, forment en même temps une barrière contre

les projets d'agrandissement futur de la France; 3° d'établir, à la

restauration de la paix, une convention et une garantie pour la

protection et la sûreté mutuelle des différentes puissances, et pour

rétablir en Europe un système général de droit public.

Le premier et le second objet sont énoncés généralement et dans des

termes qui admettent la plus grande extension; mais ni l'un ni l'autre

ne peuvent être considérés en détail, sans avoir égard à la nature et à

l'étendue des moyens par lesquels ils peuvent être obtenus. Le premier

est certainement celui que les voeux de Sa Majesté et ceux de l'empereur

voudraient voir établi sans aucune modification ni exception, et rien de

moins ne pourrait complètement satisfaire les vues que les deux

souverains ont pour la délivrance et la sécurité de l'Europe. S'il était

possible de réunir à la Grande-Bretagne et à la Russie les deux autres

grandes puissances militaires du continent, il paraît hors de doute

qu'une pareille réunion de forces les mettrait en état d'accomplir tout

ce qu'elles se seraient proposé. Mais si (comme il y a trop de raison de

croire) il était impossible de faire entrer la Prusse dans la

confédération, on peut douter qu'il y ait moyen de faire, dans toutes

les parties de l'Europe, les opérations qui seraient nécessaires pour le

succès de la totalité du projet.

Le second point renferme en lui-même la matière de plus d'une

considération importante. Les vues et les sentimens qui animent

également Sa Majesté et l'empereur de Russie, lorsqu'ils tentent

d'établir ce concert, sont purs et désintéressés.

Leur principale vue à l'égard des pays qui peuvent être enlevés à la

France doit être de rétablir, autant que cela est possible, leurs

anciens droits et de fonder le bien-être de leurs habitans; mais, en

envisageant cet objet, ils ne doivent pas perdre de vue la sécurité

générale de l'Europe, d'où même cet objet particulier doit

principalement dépendre.

Par suite de ce principe, il ne peut pas être douteux que, si

quelques-uns de ces pays sont capables d'être rendus à leur ancienne

indépendance, et placés dans une situation où ils puissent la défendre,

un tel arrangement doit être analogue à la politique et aux sentimens

sur lesquels ce système est fondé. Mais on en trouvera d'autres, parmi

les pays actuellement soumis à la domination de la France, auxquels ces

considérations ne sont point applicables, soit parce que dans ces pays

les anciennes relations sont tellement détruites, qu'on ne peut pas les

y rétablir, soit parce que leur indépendance n'aurait lieu que de nom,

et serait aussi incompatible avec la sûreté de ces pays mêmes qu'avec

celle de l'Europe. Heureusement le plus grand nombre entre dans la

première catégorie. Si les armes des alliés étaient couronnées de succès

au point de dépouiller la France de tous les pays qu'elle a acquis

depuis la révolution, ce serait certainement leur premier but de

rétablir les républiques des Provinces-Unies et de la Suisse, et les

territoires du roi de Sardaigne, de la Toscane, de Modène (sous la

protection de l'Autriche) et de Naples; mais celui de Gênes, celui de la

république italienne, renfermant les trois légations, ainsi que Parme et

Plaisance, et, d'un autre côté, les Pays-Bas autrichiens, les pays sur

la rive gauche du Rhin qui ont fait partie de l'empire germanique,

appartiennent à la seconde classe. Quant aux provinces italiennes que

l'on vient d'indiquer, l'expérience a montré combien peu de dispositions

il y a dans les unes, et combien peu de ressources dans les autres pour

résister à l'agression et à l'influence de la France. Certainement le

roi d'Espagne a trop participé au système dont une si grande partie de

l'Europe a été la victime, pour que les anciens intérêts de sa famille

méritent d'être pris en considération [A]; et la dernière conduite de

Gênes et de quelques autres États d'Italie ne leur donne aucun droit à

réclamer la justice ou la générosité des alliés. Il est, au surplus,

manifeste que toutes ces petites souverainetés ne pourraient plus

consolider leur existence politique, et qu'elles ne serviraient qu'à

affaiblir et à paralyser la force qui, autant que possible, devrait être

concentrée entre les mains de la principale puissance de l'Italie.

Il est inutile de s'arrêter particulièrement sur l'état des Pays-Bas.

Les événemens qui se sont passés ne permettent plus d'élever la question

s'ils doivent être rendus à la maison d'Autriche; il s'ensuit qu'il y a

de nouveaux arrangemens à prendre à l'égard de ce pays et il est évident

qu'il ne pourra jamais exister comme État séparé et indépendant. Les

mêmes considérations s'appliquent à peu près aux électorats

ecclésiastiques et aux autres provinces situées sur la rive gauche du

Rhin, ces pays ayant une fois été détachés de l'empire, et leurs anciens

possesseurs ayant reçu des indemnités. Il ne paraît donc pas contraire

aux principes les plus sacrés de la justice et de la morale publique de

faire, à l'égard de l'un ou de l'autre de ces pays, telle disposition

qui paraisse convenable à l'intérêt général, et il est évident qu'après

tant de misère et de sang répandu, il ne reste pas d'autre mode de

parvenir au grand but de recréer de nouveau le repos et le salut de

l'Europe sur une base solide et durable. Il est heureux qu'un pareil

plan d'arrangement, essentiel en lui-même pour l'objet qu'on se propose,

puisse aussi contribuer au plus haut degré à assurer les moyens par

lesquels ce dessein important peut être promu.

Il est très certainement de la plus haute importance, sinon de la plus

absolue nécessité, pour cela, de s'assurer de la coopération vigoureuse

et efficace de l'Autriche et de la Prusse; mais il y a peu de raison

d'espérer que l'une ou l'autre de ces puissances puisse être engagée à

s'embarquer pour la cause générale, si on ne lui offre la perspective

d'obtenir quelque acquisition importante pour la récompenser de ses

efforts. D'après ces motifs déjà allégués, Sa Majesté conçoit que rien

ne peut autant contribuer à la sécurité générale que de donner à

l'Autriche de nouveaux moyens pour s'opposer aux places de la France du

côté de l'Italie, et en plaçant la Prusse dans une position semblable à

l'égard des Pays-Bas. La situation relative de ces deux puissances

ferait naturellement de ces deux pays les points vers lesquels leurs

vues se dirigeraient respectivement.

En Italie, une bonne politique exige que la puissance ou l'influence du

roi de Sardaigne soit augmentée, et que l'Autriche soit replacée dans

une situation qui lui fournisse les moyens de porter, en cas d'attaque,

un secours immédiat et prompt à ses possessions. _Sa Majesté voit avec

satisfaction, par les communications secrètes et confidentielles que

Votre Excellence vient de transmettre_, que les vues de _la cour de

Vienne sont parfaitement d'accord avec ce principe_, et que _l'extension

à laquelle cette cour vise peut non-seulement être admise avec sûreté,

mais que, pour l'avantage de la sûreté générale, on peut encore y

ajouter._ Sous d'autres points de vue, Sa Majesté adopte entièrement le

plan d'arrangement que S. M. l'empereur de Russie désire voir effectué

dans ce pays. Sa Majesté regarde comme absolument nécessaire pour la

sûreté générale, que l'Italie soit soustraite à la domination et à

l'influence de la France, et qu'on ne souffre dans ce pays aucune

puissance qui n'entrerait pas facilement dans un système général pour en

maintenir l'indépendance. Pour cela, il est essentiel que les provinces

qui composent maintenant ce que l'on appelle république italienne soient

données à d'autres souverains. En distribuant ces provinces, on devra

sans doute donner une augmentation de puissance et de richesse au roi de

Sardaigne, et il paraît utile que son territoire, aussi bien que le

duché de Toscane, qu'on propose de rendre au grand-duc, soient mis en

contact immédiat, ou en état de communiquer facilement avec les

possessions de l'Autriche. Sur ce principe, la totalité du territoire

qui compose maintenant la république ligurienne pourrait, à ce qu'il

paraît, être réuni au Piémont.

En supposant que les efforts des alliés fussent couronnés du succès le

plus complet, et que les deux objets qu'on a discutés jusqu'à présent

eussent été pleinement obtenus, cependant Sa Majesté regarderait cette

oeuvre salutaire comme imparfaite, si la restauration de la paix n'était

pas accompagnée par les mesures les plus efficaces pour donner de la

solidité et de la stabilité au système ainsi établi. Beaucoup sera

certainement fait pour le repos futur de l'Europe par ces arrangemens

territoriaux, qui formeront contre l'ambition de la France une plus

forte barrière qu'il n'en a jamais existé; mais, pour rendre cette

sécurité aussi parfaite que possible, il paraît nécessaire qu'à l'époque

de la pacification générale, on conclue un traité auquel toutes les

principales puissances européennes prendront part, et par lequel leurs

possessions et leurs droits respectifs, tels qu'ils auront été établis,

seront fixés et reconnus, et ces puissances devraient toutes s'engager

réciproquement à se protéger et se soutenir l'une et l'autre contre

toute tentative pour l'enfreindre. Ce traité rendrait à l'Europe un

système général de droit public, et viserait, autant que possible, à

réprimer des entreprises futures pour troubler la tranquillité générale,

et, avant tout, pour faire échouer tout projet d'agrandissement et

d'ambition pareil à ceux qui ont produit tous les désastres dont

l'Europe a été affligée depuis la malheureuse ère de la révolution

française.]

[A: Pitt, tout en parlant de grands principes de justice, montre ici la

griffe du léopard; l'Espagne a reconnu que ses intérêts maritimes

étaient les mêmes que ceux de la France: dès-lors les princes de sa

maison peuvent être dépouillés pour la grande satisfaction du cabinet de

Londres. Voilà la justice et la légitimité de ce cabinet!!!]

[32: M. de Talleyrand a écrit plusieurs lettres à madame Aimée de

Coigny, qui était une de ses correspondantes, et il lui mandait qu'on ne

pouvait rien faire de mieux, pour le présent, que de s'attacher

fortement à la constitution.]

[33: Ce D*** avait été sous-officier dans l'armée de Condé pendant la

révolution; il est de l'Alsace.

À la dissolution du corps de Condé, il rentra en France, et, à la

campagne de 1805, je l'avais envoyé en Allemagne comme espion. Il avait

rempli deux ou trois missions avec assez d'intelligence, je l'envoyai

après les affaires d'Ulm, à l'armée de l'archiduc Charles en Italie; il

devait venir me prévenir aussitôt que cette armée se mettrait en marche

pour regagner Vienne.

Comme il passait lui-même par cette capitale je lui avais donné une

lettre à l'adresse d'un particulier de cette ville qui devait la

remettre à un autre pour lequel elle renfermait des billets à ordre.

D*** rompit le cachet, vit de quoi il était question, prit les billets à

ordre, et, pour éviter la réclamation de celui à qui ils étaient

destinés, il alla le dénoncer au gouvernement autrichien, qui le fit

arrêter; et lui, D***, au lieu de se rendre à l'armée de l'archiduc

Charles, alla en Bohême, d'où il vint se placer près de Ratisbonne; et

passant tantôt d'une rive du Danube sur l'autre, en se disant

commissaire bavarois lorsqu'il était sur la rive autrichienne, et

commissaire autrichien lorsqu'il était sur la rive bavaroise, il levait

ainsi des contributions sur toutes les deux.

Il fut arrêté faisant ce métier, et il aurait été infailliblement

fusillé, si la paix ne s'était pas faite; il fut renvoyé à Paris pour y

être mis en prison jusqu'à ce que l'on eût pu tirer des mains des

ennemis celui qu'il avait fait arrêter en le dénonçant, et comme cela

fut long, ce D*** souffrit en France ce qu'il avait fait souffrir à son

semblable en Autriche.

Je fus bien étonné de voir cet homme-là chevalier de Saint-Louis, garde

de la porte du roi, et depuis chef d'escadron de gendarmerie.]

[34: J'ai vu depuis un officier fort respectable qui m'a assuré avoir vu

M. de Bourmont travailler à Lons-le-Saulnier, chez le maréchal Ney, à la

rédaction de la proclamation que celui-ci fit lire aux troupes.]

[35: En même temps que l'on apprit le départ du roi de Lille, on sut

qu'un individu qui s'y trouvait avait tenu ce discours au duc d'Orléans,

qui accompagnait le roi: «Voilà la branche aînée qui a fini, Bonaparte

s'usera vite; ce sera naturellement vous qu'on appellera. N'allez point

dans les armées qui vont faire la guerre à la France; retirez-vous

paisiblement en Angleterre, et laissez faire le temps.»

Cette conversation avait été rapportée à Paris par quelqu'un qui disait

l'avoir entendue.]

[36: Les coalisés, fidèles à ce principe, ont en effet toujours séparé

_leurs intentions des apparences_, qu'ils mettaient en avant dans leurs

manifestes.]

[37: Les publications allemandes de cette pièce portent: «La France ne

peut attribuer qu'à elle-même, etc.»]

[38: Les éditions allemandes ne portent pas cet appel à la révolte,

elles se terminent ainsi: «L'Europe entière ne forme qu'un voeu, et ce

voeu est l'expression du besoin universel des peuples. Tous se sont

réunis pour le soutien d'une seule et même cause; cette cause triomphera

du seul obstacle qu'elle ait encore à vaincre.]

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 7 · 第 65 / 65 题