La poésie satirique fut d'abord cultivée par quelques poètes inconnus
dans «Les Psaumes laïques», «La Victoire de Beresteczko», «Lamentations
de la Petite Russie sur les Polonophiles», «Mazepa et Palie»,
«L'introduction du servage en Ukraine», «La conversation de la Grande
Russie avec la Petite».
Mais le premier vrai poète satirique de l'époque moderne est
Jean Kotlarevsky, appelé avec raison le Père de la littérature
moderne ukrainienne. Elève du séminaire de Poltava, militaire, puis
fonctionnaire civil, il entra dans la maçonnerie et, peu de temps
après, publia en langue ukrainienne son «Enéide travestie».
C'est une satire qui, dans une grande perfection de forme et une langue
vive et savoureuse, trace le tableau d'un Olympe mais d'un Olympe aux
pots de vin et aux intrigues bureaucratiques. Elle eut trois éditions
du vivant de son auteur et, aujourd'hui, elle en compte plus de trente.
Napoléon en quittant Moscou en mit, dit-on, un volume dans sa cantine.