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Quand je remontais sur la place de Mehmed-Fatih, le soleil dorait en

plein l'immense mosquée, les portiques arabes et les minarets

gigantesques. Les oulémas qui sortaient de la prière du soir s'étaient

tous arrêtés sur le seuil, et s'étageaient dans la lumière sur les

grandes marches de pierre. La foule accourait vers eux et les entourait

: au milieu du groupe, un jeune homme montrait le ciel, un jeune homme

qui avait une admirable tête mystique. Le turban blanc des oulémas

entourait son beau front large; son visage était pâle, sa barbe et ses

grands yeux étaient noirs comme de l'ébène.

Il montrait en haut un point invisible, il regardait avec extase dans la

profondeur du ciel bleu et disait:

--Voilà Dieu! Regardez tous! Je vois Allah! Je vois l'Éternel!

Et nous courûmes, Achmet et moi, comme la foule, auprès de l'ouléma qui

voyait Allah.

Aziyadé Extrait des notes et lettres d'un lieutenant de la marine anglaise entré au service de la Turquie le 10 mai 1876 tué dans les murs de Kars, le 27 octobre 1877. · 第 169 / 190 题