L'opération s'acheva sans grande souffrance, et Achmet remit à l'artiste
un papier-monnaie de dix piastres, provenant de la bourse d'Aziyadé.
Le vieux Dimitraki exerçait l'invraisemblable métier de tatoueur pour
marins grecs. Il avait une légèreté de touche, et une sûreté de dessin
très remarquables.
Et j'emportais sur ma poitrine une petite plaque endolorie, rouge,
labourée de milliers d'égratignures--qui, en se cicatrisant ensuite,
représentèrent en beau bleu le nom turc d'Aziyadé.
Suivant la croyance musulmane, ce tatouage, comme toute autre marque ou
défaut de mon corps terrestre, devait me suivre dans l'éternité.