Eyoub, 27 septembre 1876.
Cher Plumkett,
Voilà cette pauvre Turquie qui proclame sa constitution! Où allons-nous?
je vous le demande; et dans quel siècle avons-nous reçu le jour? Un
sultan constitutionnel, cela déroute toutes les idées qu'on m'avait
inculquées sur l'espèce.
À Eyoub, on est consterné de cet événement; tous les bons musulmans
pensent qu'Allah les abandonne, et que le padishah perd l'esprit. Moi
qui considère comme facéties toutes les choses sérieuses, la politique
surtout, je me dis seulement qu'au point de vue de son originalité, la
Turquie perdra beaucoup à l'application de ce nouveau système.
J'étais assis aujourd'hui avec quelques derviches dans le kiosque
funéraire de Soliman le Magnifique. Nous faisions un peu de politique,
tout en commentant le Koran, et nous disions que, ni ce grand souverain
qui fit étrangler en sa présence son fils Mustapha, ni son épouse
Roxelane qui inventa les nez en trompette, n'eussent admis la
Constitution; la Turquie sera perdue par le régime parlementaire, cela
est hors de doute.