LES OUVRIÈRES DE L’AMOUR

Dans le tableau célèbre de Corrège, Danaé entr’ouvre ses cuisses un peu

grasses et sur elle il pleut de l’or.

Admirable symbole!

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Une classe d’ouvrières existe pour l’exploitation de l’amour. Pour

devise elles ont pris la seconde partie seulement de la définition

célèbre du XVIIIe siècle. «L’échange de deux fantaisies et le contact de

deux épidermes.»

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Elles sont nombreuses. Il y en a de luxe et de misère, à vingt-cinq sous

la course et à vingt-cinq louis. Elles rendent le même service pourtant,

mais à des degrés différents de l’échelle sociale. Leur rôle est de

donner le change aux passions. On comprend qu’un état policé encourage

leur industrie. On comprend moins le mépris où les tient l’opinion

publique.

On accolle à l’amour qu’elles offrent l’épithète de «vénal». Pourquoi le

donneraient-elles gratuitement? Elles assurent la tranquillité des

familles. Cela se paie.

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Elles sont de goût classique et ne mêlent pas les genres. Elles laissent

votre cœur tranquille, mais elles s’occupent admirablement du reste.

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La supériorité de la France, on l’a dit souvent, vient de ce qu’elle est

insurpassable dans l’industrie d’art.

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Quand l’amour va, tout va. Pourtant comme dans les autres métiers, le

chômage existe. Il y a les années des vaches maigres.

Notes sur l'Amour · 第 56 / 81 题