Lorsque les femmes ne font pas l’amour elles-mêmes, il faut qu’elles
s’occupent de l’amour d’autrui. Elles servent d’intermédiaires,
reçoivent et portent les lettres, inventent des prétextes, facilitent
les sorties, créent des alibis. On en voit qui sont les éternelles
courtières de l’amour sans se décider jamais à prendre une affaire à
leur compte. Il leur suffit de vivre dans l’atmosphère trouble et chaude
de l’adultère des autres. On les trouve prêtes, au jour voulu. Elles ne
marchandent pas leur peine. Et, chose merveilleuse, elles sont plus
capables de garder le secret d’autrui que le leur propre.