BONAPARTE, GÉNÉRAL EN CHEF DE L'ARMÉE D'ITALIE,

Au CITOYEN ARNAULT.

J'ai reçu, citoyen, votre lettre du 17 messidor. J'expédie sur-le-champ

ma réponse par le retour du même chébek qui m'a apporté les dépêches du

général Gentili.

Je désirerais que vous établissiez à Corfou une imprimerie grecque, d'où

vous établiriez votre correspondance avec les Maïnottes, et avec

l'Albanie par les habitations que nous possédons, de manière à pouvoir y

faire passer de temps en temps des écrits qui puissent éclairer les

Grecs et préparer la renaissance de la liberté dans cette partie si

intéressante de l'Europe.

Le citoyen Stephanopoli, qui arrivera en même temps que la présente

lettre, est un Grec très-patriote, très-attaché à la France. Je vous

l'envoie, parce qu'il peut vous être utile et vous conduire dans le pays

de ces ancêtres, qu'habitent aujourd'hui les braves descendant des

Lacédémoniens.

Je désire que vous vous embarquiez avec lui sur une corvette, et que

vous vous rendiez là afin de connaître la situation et la force de ce

petit peuple, et même de faire en Grèce des incursions qui vous mettent

à même de bien observer l'esprit de ses habitans, et de savoir ce qu'on

pourrait en espérer si jamais l'empire ottoman éprouvait une secousse.

Je vous prie également de m'envoyer une description détaillée des quatre

îles, un aperçu de la Grèce, de l'Albanie, et de tout ce que vous

parcourrez.

BONAPARTE.

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Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III · 第 67 / 71 题