FABLE III.

Le Perroquet.

Un gros perroquet gris, échappé de sa cage,

Vint s'établir dans un bocage;

Et là, prenant le ton de nos faux connaisseurs,

Jugeant tout, blâmant tout d'un air de suffisance,

Au chant du rossignol il trouvait des longueurs,

Critiquait sur-tout sa cadence.

Le linot, selon lui, ne savait pas chanter;

La fauvette aurait fait quelque chose peut-être,

Si de bonne heure il eût été son maître,

Et qu'elle eût voulu profiter.

Enfin aucun oiseau n'avait l'art de lui plaire;

Et, dès qu'ils commençaient leurs joyeuses chansons,

Par des coups de sifflet répondant à leurs sons,

Le perroquet les faisait taire.

Lassés de tant d'affronts, tous les oiseaux du bois

Viennent lui dire un jour: Mais parlez donc, beau sire,

Vous qui sifflez toujours, faites qu'on vous admire;

Sans doute vous avez une brillante voix,

Daignez chanter pour nous instruire.

Le perroquet, dans l'embarras,

Se gratte un peu la tête, et finit par leur dire:

Messieurs, je siffle bien, mais je ne chante pas.

Fables de Florian · 第 85 / 135 题