STANCES[27]

[27] Cette pièce, sans nom d’auteur, se trouve à la p.

1177 du t. IX du recueil manuscrit de Conrart, in-folio,

Bibliothèque de l’Arsenal.

Accablé de l’inquiétude

Que cause l’ardeur de l’esté,

Pour dissiper ma lassitude

Sur mon lit je m’estois jeté.

Le soleil, dans ma chambre obscure,

Trouvant quelque foible ouverture,

Lançoit un rayon de ses feux,

Et meslant la lumière à l’ombre,

En faisoit un lieu clair et sombre

Propice aux larcins amoureux.

Alors à mes yeux se présente

Corinne et n’ose m’approcher:

Sa robe blanche et transparente

La couvroit sans me la cacher.

Elle chancelle, je m’avance;

J’attaque, elle fait résistance

Et tâche de me repousser,

Mais d’une manière si douce,

Que le beau bras qui me repousse,

Est deja prest à m’embrasser.

Enfin, vainqueur de cette belle,

J’en contemplay tous les appas,

J’admiray ce qu’on voit en elle

Et tout ce que l’on ne voit pas.

Chacun aisément conjecture

Ce qu’on fait en cette aventure

Avec l’objet de ses amours...

Que je serois digne d’envie,

Si dans la suite de ma vie

J’avois souvent de ces beaux jours!

L'occasion perdue recouverte · 第 62 / 78 题