Mais Lisandre, aussi peu timide
Qu’il estoit beaucoup amoureux,
Imprime l’ardeur de ses feux
Sur les bords de sa bouche humide,
Et glisse sa brûlante main
Sur la neige de son blanc sein,
Dont il prétend fondre la glace,
Et, la tenant entre ses bras,
Il ose élever son audace
Sur un lieu plus saint et plus bas.
V
Là, sans respect et sans relâche,
Il cherche l’objet de ses vœux,
Et trouve ce lieu bien-heureux
Sous le cotillon qui le cache;
De ses doigts tremblans et hardis
Il prend le sombre paradis
Qui donne l’enfer à nos âmes,
Ce throsne vivant de l’amour,
Où, parmy les feux et les flammes,
L’on n’a jamais trouvé le jour.