«Plancy, le 20 mars 1814.
«Monsieur le maréchal duc de Raguse, nous avons forcé hier le passage de
l'Aube et celui de la Seine; nous étions hier, à sept heures du soir,
maîtres de Méry; nous avions coupé la route de Nogent à Troyes, sur
laquelle nous avons enlevé beaucoup de bagages et les équipages de pont
de l'ennemi. L'ennemi avait levé en toute hâte, le 19, ses ponts sur la
Seine, et battait en retraite sur Bar-sur-Aube. L'empereur de Russie
était venu à Arcis-sur-Aube avec le prince de Schwarzenberg. Le corps du
duc de Tarente et toute la cavalerie nous rejoignent aujourd'hui à
Arcis. Il n'est pas possible que Blücher fasse aucun mouvement offensif,
à ce que pense l'Empereur. Si cependant il en faisait un, vous devriez,
monsieur le maréchal, ainsi que le duc de Trévise, vous retirer sur
Châlons ou Épernay, afin que nous soyons tous groupés, et couvrir la
route de Paris par quelques partis de cavalerie. Mais Sa Majesté croit
que, dans la position actuelle des choses, il faudrait que Blücher fût
fou pour tenter un mouvement sérieux.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»