«Fismes, le 5 mars 1814, neuf heures du matin.
«L'Empereur, monsieur le duc de Raguse, me charge de vous faire
connaître que les agents envoyés cette nuit à Soissons ont été jusqu'aux
portes de la ville par la rive gauche, et ont vu, de l'autre côté de
l'Aisne, de grands feux. L'intention de Sa Majesté est de passer l'Aisne
à Béry où il y a un pont de pierre, à Maisy, où Sa Majesté fait jeter un
pont de chevalets, et au pont d'Arcis où le duc de Trévise a l'ordre
d'établir aussi un pont sur chevalets. Mettez à cet effet vos compagnies
de sapeurs à sa disposition: telle est l'intention de l'Empereur. Sa
Majesté pense qu'avec votre corps vous devez barrer la route de
Château-Thierry en vous tenant dans la position de Busancy et Hartennes:
vous vous porteriez sur Soissons si l'ennemi évacuait la ville; et, s'il
ne l'évacue pas, vous vous porterez sur Braines aussitôt que le pont
d'Arcis sera terminé. Nous devons être entrés ce matin à Reims.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»