MARÉCHAL MARMONT A NAPOLÉON.

«Sézanne, le 8 février 1814.

«Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que nous avons

trouvé ici environ huit cents Cosaques ou Prussiens.

«Nous avons fait quelques prisonniers, qui nous ont donné les

renseignements consignés dans la note ci-jointe. Deux escadrons se sont

retirés sur la route de Montmirail, et un détachement par la route

d'Épernay. D'après l'ensemble de tous les renseignements, il serait

constant que toute l'armée de Silésie a marché sur Épernay. Quatre à

cinq cents chevaux de cavalerie légère suivent la cavalerie ennemie, qui

s'est retirée par la Ferté-Gaucher.

«Nous communiquerons, s'il est possible, avec le duc de Valmy et le duc

de Tarente. J'envoie la plus grande partie de ma cavalerie, soutenue par

de l'infanterie et du canon, sur Champaubert, afin d'occuper la

communication de Montmirail, ou au moins avoir des nouvelles de ce qui

s'y passe. Je fais éclairer aussi la route de Châlons. Il est arrivé

ici, samedi au matin, cinq à six cents chevaux ennemis. Cette cavalerie

a poussé dans la direction de la Ferté-Gaucher, et a été remplacée par

sept à huit cents autres chevaux, dont une portion a suivi les premiers.

Enfin quatre à cinq cents chevaux sont arrivés hier pour renforcer ce

qui était resté ici, et la totalité des huit cents chevaux qui étaient

ce matin à Sézanne, a pris la direction que j'ai indiquée.

«D'après cela, il me semble que l'ennemi opère d'une manière tout à fait

sérieuse dans le bassin de la Marne, et qu'en me portant immédiatement

sur Champaubert, et y étant soutenu, je pourrais lui faire beaucoup de

mal. J'espère pouvoir, dans quatre heures d'ici, envoyer un nouveau

rapport à Votre Majesté.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 107 / 213 题