«Huitz-le-Maurup, le 24 janvier 1814.
«Monsieur le maréchal, j'ai l'honneur de vous prévenir que le mouvement
de l'ennemi par sa gauche s'est tout à fait prononcé.--Il parait même
qu'il n'y a plus, ou presque plus personne derrière la Meuse. L'ennemi a
attaqué hier, à Ligny, le duc de Bellune, qui s'est retiré à
Saint-Didier et Vitry, pendant que j'étais en marche pour me porter sur
Bar-le-Duc.
«Je n'ai point de détail de l'affaire qu'il a eue, mais je crois que
c'est très-peu de chose. D'après cela, je me suis mis en marche moi-même
pour Vitry, afin de le soutenir et de me rapprocher du duc de Trévise,
que les manoeuvres de l'ennemi tendent à séparer de nous. L'ennemi
paraît avoir une forte avant-garde à Joinville.
«J'ai laissé mon avant-garde aujourd'hui à Bar-le-Duc jusqu'à deux
heures, mais personne ne s'est présenté. Il paraît que l'ennemi a suivi
la même route que le duc de Bellune et a marché sur Saint-Dizier.
«Le prince de la Moskowa occupait hier Saint-Dizier avec un détachement;
le reste de ses troupes s'y est porté cette nuit, et il marche aussi
aujourd'hui sur Vitry.
«J'ai envoyé le général Ricard aux Islettes; je compte l'en rappeler
après-demain.
«Toul s'est rendu sans faire aucune résistance: nous y avons perdu cinq
cents hommes, que le duc de Bellune y avait laissés.
«Telle est, mon cher maréchal, notre situation d'aujourd'hui.»