«Paris, le 3 janvier 1814.
«Je vous ai adressé hier, monsieur le duc, l'ordre de continuer votre
mouvement avec le sixième corps d'armée et le premier corps de
cavalerie, et leur artillerie, pour vous porter sur Colmar. L'intention
de l'Empereur est qu'en dirigeant ce qui est sous vos ordres sur Colmar
vous vous rendiez en toute diligence dans cette ville, et que vous y
preniez le commandement du cinquième corps de cavalerie et de la
division du deuxième corps d'armée, afin d'en tirer vous-même le
meilleur parti possible.
«L'Empereur désire que vous pressiez la marche du sixième corps d'armée
et du premier corps de cavalerie sur Colmar, et que vous ne vous
laissiez pas amuser par des craintes de passage.
«Le duc de Bellune, qui reste à Strasbourg, réunira sous ses ordres tout
ce qui doit composer les deux autres divisions de deuxième corps
d'armée.
«L'Empereur a ordonné des levées en masse; on s'occupe du mode
d'exécution, et le général Berkeim est nommé pour commander les levées
du Haut-Rhin. Il se tiendra près de vous. Il aura avec lui des officiers
du pays. Les généraux de l'insurrection seront chargés de donner des
ordres pour l'organisation, par tiers, de la population des villages;
ils en formeront des compagnies, nommeront les officiers, donneront des
ordres pour sonner le tocsin, formeront des corps de partisans dont ils
nommeront les chefs, et auxquels ils donneront des patentes de
partisans.
«On s'occupe à préparer des instructions pour régulariser et utiliser
cette importante mesure.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»