«9 décembre 1813.
«Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que le mouvement
général de l'armée ennemie continue vers le haut Rhin. Il n'y a plus
d'Autrichiens sur les bords du Necker. Le corps de Sacken, qui était
devant Castel, s'est porté sur Manheim. Le corps de Langeron, qui était
en face de Coblentz il y a huit jours, est aujourd'hui devant Castel. Il
paraît qu'il y a aussi des troupes prussiennes aux environs de Manheim,
mais j'ignore de quel côté elles sont.
«J'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le
4 décembre. Je ne puis pas donner toutes les explications qu'elle peut
désirer sur les payements faits au onzième corps; le payeur général est
parti cette nuit pour Paris, par suite des ordres du ministre; mais, ce
que je sais, c'est qu'il a été envoyé de l'argent au duc de Tarente,
attendu que je me rappelle avoir fait fournir les escortes. La cavalerie
n'a touché qu'une portion de sa masse de ferrage, et les sommes que
Votre Majesté a ordonné de payer aux troupes n'ont pu l'être qu'en
partie, attendu que les fonds étaient insuffisants; cependant il est de
la plus grande urgence que l'armée recouvre une portion de sa solde, et
pour... aux compagnies, et quelque secours aux individus; il est bien
nécessaire que, lorsqu'on ne payera qu'un ou deux mois, de payer les
mois courants de préférence à ceux arriérés, afin que tout le monde
puisse y participer.
«Il n'est point encore arrivé de conscrits pour le quatrième corps.
«Je joins à cette lettre les deux états que Votre Majesté m'a demandés.»