LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.

«Paris, le 18 novembre 1813.

«Monsieur le maréchal duc de Raguse, l'Empereur me charge de vous écrire

pour vous faire connaître que son intention est que vous envoyiez un

officier intelligent auprès du prince de Schwarzenberg, pour offrir de

traiter de la reddition de Dantzig, de Modlin, de Zamosc, de Stettin, de

Custrin et de Glogau. Les conditions de la reddition de ces places

seraient que les garnisons rentreraient en France avec armes et bagages,

sans être prisonnières de guerre; que toute l'artillerie de campagne aux

armes françaises, ainsi que les magasins d'habillement qui se

trouveraient dans les places, nous seraient laissés; que des moyens de

transport pour les ramener nous seraient fournis; que les malades

seraient guéris et, au fur et à mesure de leur guérison, renvoyés. Vous

ferez connaître que Dantzig peut tenir encore un an; que Glogau et

Custrin peuvent tenir également encore un an, et que, si l'on veut avoir

ces places par un siége, on abîmera la ville; que ces conditions sont

donc avantageuses aux alliés, d'autant plus que la reddition de ces

places tranquillisera les États prussiens. Si l'on parlait de la

reddition de Hambourg, de Magdebourg, d'Erfurth, de Torgau et de

Wittenberg, Sa Majesté désire que vous répondiez que vous prendrez ses

ordres là-dessus, mais que vous n'avez pas d'instruction; qu'il n'est

question, actuellement, que de traiter pour les places de l'Oder et de

la Vistule. Ces communications, monsieur le maréchal, serviraient aussi

à avoir des nouvelles.

«Le prince vice-connétable, major général,

«ALEXANDRE.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 20 / 213 题