NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Saint-Cloud, le 12 novembre 1813.

«Mon cousin, vous me dites, dans votre lettre du 9 novembre, qu'il y a

sept cents voitures d'artillerie de campagne et aucun moyen de les

atteler. Je pense que c'est une opération très-convenable que de diriger

une partie de ces voitures sur Metz. Au reste, le ministre de la guerre

donne des ordres à l'artillerie sur cet objet.--Le cinquième corps est

si peu de chose, que je pense convenable que vous le dirigiez tout

entier sur Coblentz, avec le corps du duc de Padoue; cela donnera

l'infanterie et la cavalerie nécessaires pour la garde du Rhin. Donnez

des ordres en conséquence.--La garde se trouve trop resserrée. Il me

semble que j'ai ordonné à la vieille garde à cheval de se rendre à

Kreuznach; elle pourrait s'étendre jusque du coté de Simmern et de

Trèves. J'ai également envoyé les soixante-huit bouches à feu attelées

de la garde à Kreuznach.

«Le cinquième corps se rendant à Coblentz, une division de la jeune

garde pourra s'appuyer à Bingen; la garde pourra même s'étendre du côté

de Kayserslautern. Le principal est que la cavalerie et l'infanterie se

refassent; pour cela, il faut prendre plus de terrain.

«On m'annonce que le général Bertrand a évacué Hochheim; cela est

très-fâcheux. Il sera alors impossible à tout son corps de rester sur la

rive droite; et, comme je n'avais laissé la vieille garde à la proximité

de Mayence que pour soutenir le général Bertrand dans la position de

Hochheim, je pense qu'elle peut maintenant se rendre à Kayserslautern.

Le duc de Trévise y portera son quartier général.

«La jeune garde sera entre Bingen et Mayence et Kayserslautern; la

cavalerie sera à Kreuznach et s'étendra dans les vallées de

Kayserslautern et de Deux-Ponts; la vieille garde à pied sera, comme je

l'ai dit, à Kayserslautern et aux environs.

«Faites connaître ces dispositions au duc de Trévise en vous servant,

pour éviter toute collision d'étiquette, de l'intermédiaire du général

Belliard, aide-major général, auquel vous communiquerez cette lettre.

«On me fera connaître quand la garde pourra être rendue dans ses

nouveaux cantonnements, afin que je puisse ordonner les dispositions

ultérieures. Vous pourrez alors rappeler une ou deux divisions du

général Bertrand à Mayence, puisqu'une ou deux divisions suffisent pour

la défense de Castel.

«NAPOLÉON.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 15 / 213 题