Il y a, à l'université de Pensylvanie, un petit bâtiment tout entier
consacré aux plantes carnivores, aux différentes plantes qui capturent
et digèrent plus ou moins des insectes et d'autres animaux. Parmi ces
plantes, il y en a une qui, à l'occasion, s'empare de proies
relativement volumineuses. C'est un népenthès. Sa fleur est en forme de
petite urne et, au fond de celle-ci, il y a un liquide qui est clair et
limpide comme de l'eau, mais qui aurait des propriétés stupéfiantes. En
outre, elle est pourvue d'appendices qui se rabattent sur la tête de
l'animal qui est venu soulager sa soif et l'immobilisent. On a vu des
souris et des rats tués par le népenthès: et il paraîtrait qu'avec le
temps, les appendices poussent l'animal au fond de l'urne, où il est
désagrégé et digéré par des sucs digestifs. Le népenthès serait un piège
à rats qui ferait disparaître sa proie en l'utilisant. Mais c'est un
piège peu sûr. Dans la serre où il faut tenir la plante, celle-ci perd
assez vite l'appétit: la chaleur artificielle ne lui convient guère.
Elle se met à la diète et ne rend plus de services. Aussi ne faut-il
guère compter sur les népenthès pour faire office de pièges à rats dans
les appartements, même les mieux chauffés. Dans les pièces froides,
inutile de dire qu'ils ne feront rien: rien que mourir, étant des
plantes tropicales.