Deux physiologistes ont fait connaître, à une récente séance de la
Société de biologie, une méthode simple pour avoir la certitude de la
mort. Cette méthode repose sur une constatation d'ordre chimique. Chez
l'homme vivant, la réaction des viscères est alcaline; chez le sujet
mort, cette réaction devient acide. Ce signe est constant; on peut
considérer le changement de réaction comme un signe certain de la mort.
Ceci posé, et toutes les observations faites confirment le fait qui sert
de point de départ, MM. Brissemoret et Ambard ont montré de quelle
manière le médecin doit mettre en évidence la certitude de la mort. La
méthode est très simple et ne demande aucune instrumentation spéciale.
Elle consiste, dans les cas où quelque doute subsisterait, où les taches
cadavériques n'auraient pas fait leur apparition, à vérifier la réaction
chimique d'un des viscères de l'abdomen, du foie ou de la rate, par
exemple. Pour procéder à cette vérification, il suffit d'une seringue
hypodermique à aiguille un peu longue et d'un peu de papier de tournesol
bleu. On enfonce l'aiguille de la seringue, à travers la peau, dans la
pulpe du foie ou de la rate; on tire sur le piston de manière à faire
passer un peu de pulpe dans l'aiguille; on retire le tout et l'on étale
le contenu de l'aiguille sur le papier de tournesol. Celui-ci présente
aussitôt une tache rose, très visible sur la face opposée à celle sur
laquelle on a posé la pulpe, et qui est la preuve de l'acidité de cette
dernière. S'il y avait un peu de sang avec la pulpe et si l'on cherchait
le signe une heure ou deux après la mort, on commencerait par essuyer la
pulpe sur du papier buvard pour qu'il absorbe le sang, lequel peut être
encore alcalin. En ayant la précaution de flamber l'aiguille avant de
l'introduire, on la rend aseptique et l'on évite tout danger, pour le cas
où le sujet reviendrait à lui et ne serait pas réellement mort.
L'acidification des viscères est déjà nette deux heures après la mort.
Après vingt-quatre heures, elle est très forte; il ne peut y avoir aucun
doute à son égard. Et elle est constante. Dans ces conditions, la
constatation de l'acidité des viscères constitue un signe certain de la
mort auquel il conviendra d'avoir recours dans tous les cas où il peut y
avoir le moindre doute au sujet de la réalité du trépas.
[Illustration: Automobile publique de 24 places utilisée pour visiter
Paris par les étrangers en tournée.]
[Illustration: M. de Pellerin. M. Villain. M. Pérouse. M. Charles-Roux.
M. Lévy. M. Maruéjouls. M. Boix. Groupe de délégués au Congrès
international des chemins de fer de Washington, sur le pont du paquebot
"La Lorraine".--_Phot. Dejean_.]