A la cour de Bavière, restée fidèle à la vieille tradition chrétienne,
on continue, comme jadis, de commémorer, le vendredi saint, la cène et
le lavement des pieds. Le 21 avril dernier, la pratique de cet usage a
offert une curieuse particularité. Les douze vieillards de Munich,
choisis pour y figurer les douze apôtres, avaient tous atteint un âge
extrêmement avancé: l'aîné était centenaire, les plus «jeunes» ne
comptaient pas moins de quatre-vingt-douze hivers, et, additionnées, les
existences de ces hommes vénérables représentaient un total de 1.124
ans. Voilà, certes, une réunion peu banale; elle n'a pu qu'accentuer le
caractère essentiellement archaïque de la cérémonie.
L'Institut ophtalmologique édifié rue Manin, près des Buttes-Chaumont,
grâce à la libéralité du baron Adolphe de Rothschild qui, par testament,
avait légué l'argent destiné à cette fondation, cet Institut vient
d'ouvrir ses portes. La direction en est confiée à M. Albert Surlauly et
M. le docteur Trousseau a été choisi comme médecin en chef. Au point de
vue médical, c'est, à tous égards, un établissement modèle, doté des
perfectionnements les plus récemment réalisés. Comme oeuvre
architecturale, l'institut de la rue Manin est également remarquable et
honore grandement ses auteurs. MM. Chatenay et Rouvre.
Ayant à ériger leur édifice entre le beau parc verdoyant des
Buttes-Chaumont et des terrains ravinés, vallonnés, aux pentes couvertes
d'herbe, dans un site qui donne presque l'illusion de la campagne, ils
ont eu le bon goût de s'efforcer d'imprimer en tout, à ces constructions
immenses, un caractère aussi rustique que possible, tout en conciliant
ce souci artistique avec les exigences du programme que leur traçait la
destination de leur bâtisse. Et ces hauts combles, ces pignons bruns et
rouges évoquent, en plein Paris, au milieu de ce quartier populeux, des
ressouvenirs de castels normands, confortables et charmants.