UNE FRANÇAISE DE METZ

Il y a quelques mois, nous annoncions la disparition, à Metz, d'une

Lorraine de grand coeur, Mme Bezanson de Viville, qui avait été l'une

des premières à honorer la mémoire des soldats tués sur les champs de

bataille de 1870. Un nouveau deuil vient d'affliger ceux qui ont gardé,

dans nos provinces perdues, le culte du souvenir: Mlle Clotilde Aubertin

à qui, pour son amour de l'ancienne patrie, on avait donné, là-bas, ce

beau surnom d' «Aubertin-la-France», est morte à un âge très avancé.

[Illustration: Mlle Aubertin.]

Née à Toulouse, où son père, un Messin, était inspecteur général des

fonderies de l'artillerie, Mlle Aubertin vivait depuis très longtemps à

Metz. Déjà, pendant le siège, elle s'était distinguée par son dévouement

en se consacrant, comme infirmière, aux soins des blessés recueillis

dans l'ambulance des Dames du Sacré-Coeur. Après la guerre, elle prit

une part active à l'oeuvre des tombes militaires françaises qui

remplissent le cimetière Chambière et le cimetière de l'Est: chaque

année, avec un groupe de Messines, elle se rendait, en pèlerinage

patriotique, au monument élevé à nos soldats, pour y déposer une

couronne cravatée d'un ruban tricolore.

La Société française de l'Encouragement au bien lui avait, il y a une

dizaine d'années, décerné sa grande médaille de vermeil.

[Illustration: Après les exécutions du 24 juin, à Constantinople: la

foule des curieux entoure les potences, sur la place Bayazid.--_Phot.

Ferid Ibrahim._]

L'Illustration, No. 3671, 5 Juillet 1913 · 第 45 / 47 题