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| CLASSEMENT | TAXES |
| SELON LE POIDS. | POUR TOUTES DISTANCES. |
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| | F. C. |
| de 15 à 30 grammes. | » 40 |
| 30-- 50 -- | » 75 |
| 50--100 -- | 1 50 |
| 100--200 -- | 3 » |
| 200--250 -- | 4 » |
| plus de 250 -- | refusé. |
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Pour simplifier et accélérer le service, le principe de
l'affranchissement serait la règle, le non affranchissement serait
l'exception.
Le gouvernement ferait vendre des enveloppes timbrées et des timbres
volants, en autant de types différents qu'il y a de catégories de poids
dans l'ensemble de la tarification nouvelle. Le coût de chacun de ces
types serait égal à la taxe correspondant à la catégorie que ce type
représenterait. Ces enveloppes timbrées et ces timbres volants
serviraient pour affranchissement des lettres, hors bureau.
Tout affranchissement fait dans les bureaux de l'administration,
c'est-à-dire sans employer une enveloppe timbrée ou un timbre volant,
serait passible d'une surtaxe composée d'autant de fois 0,05 c. qu'il y
aurait de fois 15 grammes dans le poids de la lettre ainsi affranchie.
Toute lettre non affranchie serait passible d'une surtaxe de moitié en
sus de la taxe que lui aurait imposé le tarif, à raison de son poids.
Toute lettre affranchie sous un timbre d'une catégorie inférieure à la
catégorie dont, par son poids, elle ressortirait en réalité, serait
passible d'une surtaxe de double port.
Enfin, toute lettre pesant plus de 250 grammes serait refusée.
* * * * *
Le travail que nous avions entrepris est terminé. Ce travail a eu pour
objet la réforme postale, seulement en ce qui concerne le service des
lettres. L'administration des postes comprend cependant d'autres
services, dans lesquels il importerait beaucoup d'introduire d'utiles et
radicales améliorations. Mais, en multipliant les questions à examiner,
on s'expose à l'inconvénient d'examiner moins profondément et moins
bien. Il valait mieux traiter seulement la question principale qui
domine et dirige toutes les autres. La solution d'une telle question
entraîne implicitement une solution générale identique. Le service des
lettres occupe dans l'administration des postes une importance qui
domine tous les autres. On ne saurait introduire la réforme dans ce
service, sans être entraîné par la force des choses à étendre ce
bienfait sur toutes les autres branches de l'administration.
Si notre pays est enfin doté de cette grande amélioration, dont les
effets seront si évidemment avantageux, il y aura lieu de faire un
rapprochement historique qui ne manque pas d'intérêt.
En 1653, M. de Velayer, alors fermier général des postes, faisait
vendre, dans un bureau établi au palais, et moyennant un sou la pièce,
des carrés de papier au dos de chacun desquels étaient imprimés les
mots: _port payé_. Toute lettre enveloppée dans un de ces carrés de
papier, et jetée dans une boîte affectée au service des lettres, était
rendue à destination franco de port.
Ainsi, il y a deux cents ans, on faisait en France précisément ce que
nous proposons aujourd'hui. C'est là une singulière coïncidence, qui est
une preuve nouvelle en faveur de notre système. L'erreur est comme un
labyrinthe ayant mille tours et détours et une seule porte: on a beau
divaguer, on a beau s'égarer, il faut toujours en revenir à la seule
issue possible, la raison.
Espérons que, dans le cours de cette année, la réforme postale si utile,
si nécessaire, depuis si longtemps réclamée, sera enfin accomplie. En
démontrant qu'elle ne causerait aucune perturbation dans les revenus
publics, nous avons détruit le seul argument opposé à cette réforme.
Aucun motif ne pourrait donc justifier un plus long ajournement.