XV.

On reconnaît de suite à certains vagues signes

Quels yeux ont déjà vu mourir, à certains plis

Comme en laisse dans l'eau quelque fuite de cygnes.

C'est fini, l'eau quiète et tous les bons oublis!

Chez les mères surtout, aux deuils indélébiles,

Dont sont morts autrefois les enfants trop débiles.

C'est dans leurs yeux qu'elles les ont ensevelis;

C'est dans leurs yeux que pour toujours elles les gardent

Comme dans des berceaux lentement abolis,

Alcôves de miroirs où leurs départs s'attardent...

Ah! qu'on ne parle pas trop haut près de leurs yeux

Où les doux enfants morts sommeillent parmi l'anse

Que leur font ces yeux froids ombrés de cils soyeux;

Abîmes de tristesse! Yeux en qui se balance

Le repos des petits enfants qui ne sont plus.

C'est là que flotte, avec des flux et des reflux,

Ce qui subsiste d'eux, reflet, sillage ou cendre...

Et dans les yeux de leurs mères, dans ces yeux d'eau,

Ils dorment, enfonçant leur immortel fardeau

Qui transparaît et, lent, continue à descendre!

Les vies encloses · 第 77 / 105 题