X.

En l'eau tiède des yeux tranquilles combien j'ai

Souvent, le soir, plongé mon visage et nagé

Dans leur silence, vers une rive inconnue!

Mon âme s'y sentait toute légère et nue

Et délivrée enfin des pesanteurs du corps.

Autour d'elle, pas même un cercle de ces moires

Qui dans l'eau, pour un souffle, un éveil de nageoires,

S'élargissent comme les sons mourants des cors.

Nul trouble dans les yeux à cause de mon âme,

Tant elle nage doux, tant elle insiste peu,

Et soudain se libère en leur infini bleu,

Devenue une brise, un parfum, une flamme,

Une fleur, tout au plus un vierge nénuphar

Que, sans savoir son âge ou s'il pèse, l'eau porte...

Ainsi mon âme, en l'eau des yeux noyant son fard,

Toute fraîche, croit qu'elle a fini d'être morte!

Les vies encloses · 第 73 / 105 题