XI.

Les vitres tout à l'heure étaient pâles et nues.

Mais peu à peu le soir entra dans la maison;

On y sent à présent le péril d'un poison.

C'est que les vitres, pour le soir, sont des cornues

Où se distille on ne sait quoi dans leur cristal;

Le couchant y répand un or qui les colore;

Et pour qu'enfin le crépuscule s'élabore,

L'ombre, comme pour un apprêt médicinal,

Semble y verser ses ténèbres, d'une fiole.

Dans les verres, teintés de ce qui souffre en eux,

Un nuage s'achève, un reflet s'étiole;

Il en germe quelque chose de vénéneux,

Menaçant la maison déjà presque endormie;

Et c'est de plus en plus le nocturne élixir...

Ah! les vitres et leur délétère chimie

Qui chaque soir ainsi me font un peu mourir!

Les vies encloses · 第 27 / 105 题