Le pope Gapone, principal instigateur du mouvement populaire de
Saint-Pétersbourg qui aboutit, le 22 janvier dernier, à la fusillade du
Palais d'Hiver et aux scènes tragiques qui ensanglantèrent les faubourgs
de la capitale russe, avait pu s'enfuir et éviter la répression. Au mois
d'octobre dernier, quoique le gouvernement eût refusé de le comprendre
dans l'amnistie, il était rentré clandestinement en Russie. Mais, traqué
par la police à laquelle il n'échappa que grâce au dévouement de ses
amis, il dut de nouveau prendre la fuite. C'est à Paris, où il est venu
chercher un asile, qu'a été prise la photographie que nous publions de
lui, et qui le représente sous le costume laïque. Un de nos confrères du
_Matin_ l'a interviewé. D'après ses déclarations, il apparaît sinon
découragé du moins inquiet de la tournure qu'ont prise les événements.
«AU JARDIN DE PARIS», TABLEAU DE TOULOUSE-LAUTREC
La Société des Amis du Luxembourg s'est constituée dans le but
d'enrichir notre musée des artistes contemporains. Or, la première oeuvre
qu'elle songea à lui offrir, dès que ses ressources le lui permirent,
fut le tableau que nous reproduisons ici: _Au Jardin de Paris_, oeuvre
du peintre Henri de Toulouse-Lautrec, mort il y a quelques années.
Présentée d'abord au Comité consultatif des musées, l'oeuvre fut agréée.
Le Conseil supérieur des musées, par contre, quand elle arriva devant
lui, la repoussa. Des polémiques s'engagèrent, au cours desquelles
l'éminent président du Conseil supérieur, M. Léon Bonnat, déclara
n'avoir gardé aucun souvenir que cette toile eût été examinée par le
Conseil. Elle vient donc de lui être soumise de nouveau, et une faible
majorité lui a refusé une seconde fois l'entrée du Luxembourg.