La question du contrôle financier en Macédoine, qui avait amené
l'occupation, par l'escadre internationale, de Mitylène et de Lemnos,
est en voie d'arrangement. On a transigé: les puissances ont fait
quelques concessions; moyennant quoi le sultan a accepté qu'une
commission composée de conseillers financiers nommés et payés par les
puissances exerce son contrôle sur le budget macédonien. Reste à savoir
quel résultat effectif donnera dans l'application le fonctionnement de
cette commission. En tout cas, l'incident est virtuellement clos, ou sur
le point de l'être. Les navires des puissances n'ont sans doute plus
longtemps à demeurer mouillés en rade de Mitylène, devant la petite
ville aux toits de tuile que menaçaient leurs canons. Dans quelques
jours, sans doute, on ne verra plus les allées et venues des vedettes
amenant à la douane les marins des diverses nationalités, ou les
remmenant à leurs bords à l'heure où l'on relève la garde. Ce joug qui
pesait sur la gracieuse île ensoleillée était d'ailleurs des plus
légers, et elle semblait le supporter sans impatience. Même le mouvement
de curiosité que provoquaient, les premiers jours, les allées et venues
des matelots s'était calmé vite. La garnison turque, cantonnée dans un
bout de l'île, était séparée des troupes internationales par une zone
neutre, et chacun vivait, bien tranquille, dans l'espace qui lui était
attribué.
[Illustration: Débarquement des détachements français et anglais devant
la douane de Mitylène.--_Photographies Mraz._]