[2] Ce mot «à présent» montre assez que ce récit a été écrit
avant la mort de mademoiselle de Fontanges. Comment donc expliquer
la négligence des éditeurs modernes? Supprimant le passage par
lequel se termine l'édition primitive, et qui s'accorde avec ce
début, ils y ont substitué un extrait de _la France galante_ où
est racontée la mort de la favorite.
[3] Madame de Montespan.
[4] Voici un passage de madame de Sévigné qui est bien de nature
à détruire ce soupçon: «La Reine a été deux fois aux Carmélites
avec _Quanto_ (madame de Montespan). Cette dernière causa fort
avec soeur Louise de la Miséricorde; elle lui demanda si tout de
bon elle étoit aussi aise qu'on le disoit.--«Non, répondit-elle;
je ne suis point aise, mais je suis contente.» _Quanto_ lui parla
fort du frère de Monsieur, et si elle vouloit lui mander quelque
chose, et ce qu'elle diroit pour elle. L'autre, d'un ton et d'un
air tout aimables, et peut-être piquée de ce style: «Tout ce que
vous voudrez, Madame, tout ce que vous voudrez.» Mettez dans tout
cela toute la grâce, tout l'esprit et toute la modestie que vous
pourrez imaginer.» (_Lettre_ du 29 avril 1676.)
[5] Voyez t. II, p. 390 et suivantes.
[6] Madame de Montespan auroit trouvé à la célèbre abbaye
de Fontevrault sa soeur, la pieuse et savante
Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart, qui, après avoir été
religieuse à l'Abbaye-au-Bois, avoit été nommée abbesse de
Fontevrault, et chef et générale de l'ordre le 16 août 1670.
[7] Si le parti qu'avoit pris mademoiselle de La Vallière de
quitter la cour lui eût été si pénible, les instances du Roi
l'auroient sans doute décidée à quitter le couvent la seconde fois
comme la première.
[8] Ici se place, dans certaines éditions, un long passage
détaché, on ne sait pourquoi, de _la France galante_, et qui ne
figure dans les premières éditions ni de _la France galante_ ni de
l'histoire de mademoiselle de Fontanges. Nous l'avons indiqué en
son lieu. Voy. ci-dessus, t. 2, p. 454, 464, etc.--En revanche, le
passage que nous donnons, et où, entre autres particularités, il
est question de mademoiselle de Ludre, a été entièrement supprimé.
[9] Nous n'osons interpréter ces initiales, qui ne sont pas les
mêmes dans tous les textes. Certains manuscrits portent Mlle D. L.
[10] Marie-Elisabeth de Ludres, chanoinesse de Poussay, tour à
tour fille d'honneur de Madame Henriette, de la Reine et de la
seconde MADAME.
[11] Les éditions qui se sont écartées du texte primitif y
rentrent pour un instant, depuis cette phrase. Voy. plus haut.
[12] La princesse Palatine, mère du Régent, représente Mlle de
Fontanges comme «charmante, mais sans esprit.»--«Elle étoit
décidément rousse, mais belle comme un ange de la tête aux pieds.
C'étoit une femme furieusement romanesque.»
[13] Mademoiselle de Fontange ne se distingua pas toujours à la
danse: «On m'a dit de bon lieu qu'il y avoit eu un bal à
Villers-Cotterets; il y eut des masques. Mademoiselle de Fontange
y parut brillante et parée des mains de madame de Montespan. Cette
dernière dansa très-bien. Fontange voulut danser un menuet; il y
avoit longtemps qu'elle n'avoit dansé: il y parut; ses jambes
n'arrivèrent pas comme vous savez qu'il faut arriver. La courante
n'alla pas mieux, et enfin elle ne fit plus qu'une révérence.»
(_Lettre_ de Sévigné, du 6 mars 1680, jour du mercredi des
cendres.)
[14] Ces tapisseries, exécutées aux Gobelins d'après les
tableaux, existent encore au palais de Saint-Cloud. L'oeuvre du
peintre est au Louvre.
[15] Louis XIV restoit dans les traditions de Henri IV et de la
plupart des seigneurs de son temps. On sait combien on trouve,
dans les oeuvres des poètes, de pièces écrites par eux à des dames
au nom de leurs protecteurs.
[16] Le Roi. La _clef_ de cette pièce est donnée par le texte.
[17] La propreté signifioit alors l'élégance, le luxe des habits.
[18] Mad. L. D. M. _Sic_ dans le texte; mais voyez à la p. 11
et à la p. 33.
[19] Manchini.
[20] La Vallière.
[21] Montespan.
[22] Du Lude. _Sic_ dans le texte. Il faut lire Mademoiselle de
Ludres. Voyez p. 13.
[23] La C. H. N. S.
[24] Flatterie de M. D. S. (de M. de Saint-Aignan, auteur de la
pièce).
[25] Les intrigues de M. D. L. M. (Voyez p. 11 et 28.)
[26] Conduite de Madame de F. T.
[27] Le Roi.
[28] Conseil de M. D. L. M. (Voyez p. 11, 28 et 33.)
[29] On appeloit «cassation de soudrilles» le licenciement des
troupes.
[30] Passe-temps royal.
[31] Le doux moment.
[32] On les appela dans la suite _des Fontanges_.
[33] Madame la duchesse d'Arpajon. (_Note de l'édition_ de 1740.)
[34] Les éditions modernes donnent seule cette variante, qui
supprime l'hiatus:
...... de transport animé.
[35] Madame de Montespan.
[36] C'est le célèbre ouvrage de Malebranche.
[37] Ces lettres, initiales des mots: maîtres de ton sort,
semblent mises ici pour dérouter la recherche; mais, dans les
notes qui suivent, nous croyons avoir donné le mot de l'énigme.
[38] Le lion désigne évidemment M. de Lyonne, ministre et
secrétaire d'Etat, dont voici les armes: il portoit écartelé au
premier et quatrième de gueules à la colonne d'argent mise en pal,
au chef d'azur chargé d'un _lion_ passant d'or, qui est de Lyonne;
au deuxième et troisième, d'azur à trois bandes d'or, au chef
aussi d'azur chargé d'une tête de _lion_ arrachée d'or, qui est
Servien.
[39] F. Séguier, chancelier de France, portoit d'azur au chevron
d'or, accompagné de deux étoiles en chef de même, et d'un _mouton_
passant d'argent en pointe.--C'étoient des armes parlantes:
_Segui_, en Auvergne, signifie _mouton_.
[40] Michel Le Tellier, marquis de Louvois, ministre et
secrétaire d'Etat, portoit d'azur à trois _lézards_ d'argent posés
en pal, deux et un, au chef cousu de gueules, chargé de trois
étoiles d'or.
[41] Les textes imprimés portent: _des jappins_. Un manuscrit
nous a autorisé à faire cette restitution.
[42] Colbert portoit d'or à la _couleuvre_ ou guivre ondoyante
d'azur.
[43] Jeanne Pelagie de Chabot-Rohan, seconde femme d'Alexandre
Guillaume de Melun, prince d'Espinoy. Elle se maria le 11 avril
1668, devint veuve le 16 février 1679, et mourut le 18 août 1698.
[44] Voy. t. 2, p. 469.
[45] Ceci est en contradiction avec ce que l'on a vu ailleurs de
sa réserve, qui étoit qualifiée d'égoïsme.
[46] Guillaume de La Baume le Blanc de La Vallière, oncle de la
duchesse de La Vallière, se démit de l'évêché de Nantes en 1677.
[47] M. de Beauveau. Guillaume de La Baume le Blanc de La
Vallière, évêque de Nantes, eut pour successeur à ce siége Gilles
de Beauveau, son neveu, fils de François de Beauveau et de Louise
de La Baume le Blanc.
[48] M. de La Baume le Blanc.--La première édition seule donne
ces initiales.
[49] Sébastien de Rosmadec, quatrième du nom, marquis de Molac,
qui avoit épousé Catherine Gasparde de Scorraille, soeur de
mademoiselle de Fontange. Voy. t. 2, p. 469.
[50] «J'avois une fille d'honneur nommée Beauvais, dit la
princesse palatine, mère du régent; c'étoit une personne fort
honneste. Louis XIV en devint très amoureux; mais elle tint bon.
Alors il se tourna vers sa compagne, la Fontange, qui étoit
charmante aussi, mais sans esprit.»--L'initiale de notre texte a
sans doute ici son explication.
[51] Marie Anne-Christine-Victoire de Bavière, fille de
Ferdinand-Marie, duc de Bavière, électeur du Saint-Empire, et
d'Adélaïde-Henriette de Savoie, épousa le 28 janvier 1680 Louis,
dauphin de France, fils de Louis XIV.
[52] Toute la fin de cette histoire, écrite du vivant de
mademoiselle de Fontange, a été changée dans les éditions faites
après sa mort. Nous avons suivi le texte le plus ancien. On a lu
dans la _France galante_ tous les passages que les éditeurs
maladroits de 1754 en ont détachés pour les recoudre à ce récit,
dont ils ont dénaturé la rédaction primitive.
[53] Madame de Sévigné a fait aussi la comparaison de
mademoiselle de Fontange et de madame de La Vallière, mais tout à
l'avantage de la seconde: «_La belle beauté_, dit-elle
(mademoiselle de Fontange) est si touchée de sa grandeur qu'il
faut l'imaginer précisément le contraire de cette petite
_violette_ (mademoiselle de La Vallière) qui se cachoit sous
l'herbe, et qui étoit honteuse d'être maîtresse, d'être mère,
d'être duchesse: jamais il n'y en aura sur ce moule.» (_Lettre_ du
1er septembre 1680.)
[54] On a vu, à la fin du second volume, le récit de la mort de
mademoiselle de Fontange. Nous devons le compléter ici par cette
lettre, où Louis XIV, craignant peut-être de trouver les preuves
d'un empoisonnement, écrit au duc de Noailles de ne laisser ouvrir
le corps que si on ne pouvoit absolument l'empêcher. Voici cette
lettre, publiée par la Société de l'histoire de France,
_Bulletin_, nov. 1852:
_Ce samedy à dix heures._--«Quoyque j'atandisse il y a longtemps
la nouvelle que vous m'avés mendée, elle n'a pas laissé de me
surprendre et de me fascher. Je voy par vostre lettre que vous
avés donné tous les ordres nécessaires pour faire exécuter ce que
je vous ay ordonné. Vous n'avés qu'à continuer ce que vous avés
commencé. Demeurés tant que vostre présence sera nécessaire, et
venés ensuitte me rendre compte de touttes choses. Vous ne me
dittes rien du père Bourdaloue. Sur ce que l'on désire de faire
ouvrir le corps, si on le peut esvister, je croy que c'est le
meilleur party. Faites un compliment de ma part aux frères et aux
soeurs, et les assurés que dans les occasions ils me trouveront
toujours disposé à leur donner des marques de ma protection.
«LOUIS.»
SUITE
DE
LA FRANCE GALANTE
OU
LES DERNIERS DÉRÉGLEMENTS
DE LA COUR.
[Bandeau]
AVERTISSEMENT[55]
DU LIBRAIRE AU LECTEUR[56].
_L'auteur de la suite de la France Galante a été si mal informé de ce
qui s'est passé sur le sujet de Madame de Maintenon, que l'on peut
dire que la plupart des choses, qu'il y a avancées n'ont été que
pour grossir son historiette[57]. Il y a même mis plusieurs choses
malhonnêtes et peu séantes à un auteur, qui doit être plus modeste, et
qui doit savoir que son ouvrage sera lu par l'un et l'autre sexe.
Aussi la plupart n'ont pas voulu le lire à cause des saletés qu'ils y
ont trouvées, mais surtout les dames, dont quelques-unes se sont
plaintes de ce que plusieurs auteurs, par leurs ordures[58], les
privoient de lire plusieurs petites histoires galantes de ce temps.
C'est donc pour y remédier et satisfaire à leur curiosité que j'ai
bien voulu, dans cette seconde édition, corriger toutes les périodes
sales et les faussetés que j'ai remarquées dans l'autre édition, pour
les accommoder au goût de toutes sortes de personnes. C'est, dis-je,
pour leur faire plaisir que j'ai fait imprimer cette seconde
édition, dans laquelle je me suis étudié à leur plaire. Si l'auteur
de la première a tiré, comme il dit, de la cassette de madame de
Maintenon tout ce qu'il a inséré dans son ouvrage, j'ose dire que
c'est une fort vilaine cassette. Ainsi l'on pourra lire cette édition
sans scrupule, et j'espère que l'on me saura bon gré de la peine que
j'ai prise à faire ce retranchement, comme je ferai encore à l'avenir,
en tout ce qui passera de tel par mes mains. Adieu._