«Düben, le 12 octobre 1813, trois heures et demie après midi.
«Mon cousin, je n'ai point reçu de nouvelles de vous aujourd'hui:
j'espère ne pas tarder à en recevoir. Je suppose que vous vous serez
placé à quatre lieues de Leipzig.--Nous nous sommes emparés des ponts de
l'ennemi sur l'Elbe, et il paraît que l'armée de Berlin s'est portée sur
la rive droite.--D'un autre côté, le roi de Naples occupe la position de
Grosbern, qu'il a prise ce matin. Je lui mande de la conserver toute la
journée de demain 13.--Mon intention est que, si ce prince doit pouvoir
conserver cette position, vous partiez à trois heures du matin pour
prendre une position sur la route de Dobern, ayant votre gauche à
Tachau.--Je me mettrai en marche de Düben, avec la vieille garde, pour
vous rejoindre. La division Curial se mettra en marche d'Eulenbourg avec
la division Lefebvre, de sorte que demain, vers midi, nous serons
soixante-dix mille hommes réunis à portée de Leipzig. Toute mon armée se
mettra en mouvement; et, dans la journée du 14, elle sera toute arrivée,
et je pourrai livrer bataille à l'armée ennemie avec deux cent mille
hommes.--Faites-moi connaître les renseignements que vous auriez de
votre côté sur l'armée de Silésie et sur les positions que l'on pourrait
prendre contre cette armée, contre l'armée qui viendrait par Halle et
par Dessau.--Faites-moi bien connaître la position que vous occuperez,
et à quelle heure vous pourrez être rendu à portée de Leipzig.
«NAPOLÉON.»